‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 127 sur 442 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LE COMTE APPIANI, les précédents.

le comte. Jl entre en rêvant, les yeux baissés: il ne les voit pas jusqu'au moment oh Emilie e"t auprès de lui. — Ah ! chère amie, je ne croyais pas nous trouver dans l'antichambre.

Emilie. — Et même loin de moi, monsieur le comte, je voudrais vous savoir en d'autres dispositions. Pourquoi cet air si solennel, si sévère? Cette journée ne vaut- elle pas quelques mouvements de joie?

appiani. — Ah ! elle vaut plus que toute ma vie ! je lui devrai tant de bonheur! .Mais c'est peut-être ce bonheur même, mademoiselle, qui me rend si sérieux, comme vous dites, si solennel. (// aperçoit Claudia.) Quoi! vous aussi, madame! qu'M me tarde de vous saluer d'un autre no n!

Claudia. — Ce nom fera toute ma g)o'>'e. Que tu es heureuse, mon Émil'el Je. regrette ton père, je voudrais qu'il partageât notre enchantement.

appiani. — En ce moment même, je me suis arraché de ses bras, ou plutôt il s'est arraché des miens. Quel homme que votre père, mon Emilie ! le modèle des plus nobles vertus : sa présence élève mon âme. Jamais ma résolution d'être toujours bon, toujours noble, n'est plus ferme que quand je le vois — quand je pense à lui. Et par quoi, sinon par l'accomplissement de cette résolution me rendrais-je digne de l'honneur de l'appeler mon père, d'être à vous, mon Emilie?

Emilie. — Ah ! pourquoi n'a-l-il pas voulu m'attend re !...

appiani. — Sans doute parce que la vue de son Emilie

Page 1