SCÈNE I
LE PRINCE, MARINELLI.
' le prince. — // sort de la chambre d'Emilie. — Venez, Marinelli; j'ai besoin de quelques instants de repos... Je veux aussi savoir de vous...
marinelli, riant. — Ah! ah! ah! que dites-vous de la fureur de cette tendre mère?
le prince. — Vous en riez, Marinelli?
marinelli. — Si vous l'aviez vue se démener avant votre arrivée, monseigneur... Mais n'enlendiez-vous pas ses cris? et sitôt qu'elle a été en votre présence, elle est devenue douce comme un agneau... Ah! ah! ne l'avais-je pas dit; jamais une mère n'arrache les yeux à un prince, parce qu'il est amoureux de sa tille.
le prince. — Vous avez mal observé; Emilie est tombée dans ses bras sans connaissance : c'est la présence de sa fille et non pas la mienne qui a calmé sa violence; c'est à cause de l'état do sa tille, non pas par égard pour moi, qu'eile n'a pas dit à plus haute voix, en termes plus exprès... ce que j'aurais voulu ne pas entendre... ce que je voudrais ne pas-avoir compris...
marinelli. — Et quoi donc, monseigneur?
le prince. — Pourquoi dissimuler encore? Parlez nettement; cela est-il vrai, oui ou non?...
marinelli. — Et si cela était vrai?