ACTE IV, SCENE I
cration publique. Je suis moins avancé que ce matin, et n'est-ce pas là le résultat de vos sages, de vos savantes manœuvres?
marinellï. — Si vous l'entendez ainsi, soit.
le prince. — Quoi donc alors? Parlez, je vous l'ordonne.
marinelli. — Eh bien, vous m'imputez ce qui ne m'appartient pas.
le prince. — Parlez, vous dis-je.
marinelli. — Soit, monseigneur. De quoi peut-on accuser mes dispositions? Pourquoi dans cet accident le prince est-il compromis si visiblement? C'est la faute du coup de maître qu'il a daigné mêler à mes dispositions.
le prince. — Moi?
marinelli. — Oui, monseigneur. La démarche que vous avez faite ce matin dans l'église, sans doute vous l'avez faite pour de fort bonnes raisons; sans doute vous l'avez faite avec toute la mesure convenable; mais enfin cette démarche n'entrait pas dans mon plan.
le prince. — Et qu'a-t-elle gâté?
marinelli. — Non pas sans doute l'ordonnance du bal, mais elle a rompu la mesure.
le prince. — Ah! si je vous comprends bien?
marinelli. — Eh bien, en deux mots : lorsque je me suis chargé de la conduite de l'affaire, Emilie ignorait l'amour du prince, n'est-ce pas? Sa mère l'ignorait aussi. Et si j'avais bâti sur ce fondement? Et si, pendant ce temps-là, le prince ruinait la base de mon édifice?
le prince, se frappant le front. — Malédiction!
marinelli. — Est-ce ma faute si le prince a révélé ses secrets!
le prince. — Fatale démarche!...
marinelli. — Et si le prince ne s'était point trahi luimême, je voudrais bien savoir quelle circonstance dans tout ce qui s'est passé pouvait inspirer contre lui le moindre soupçon à Emilie ou à sa mère? le prince. — Fau.t-il que vous ayez raison! marinelli. — Voilà justement mon-tort. Si Votre Altesse ne me retient plus...
190 ' EMILIE GÀLOTTI.