BAPTISTE, LE PRINCE, MARINELLI
baptisie , il entre avec précipitation. — La comtesse arrive à l'instant.
le prince. — La comtesse! et quelle comtesse?
baptiste. — La comtesse Orsina.
le prince. — Orsina! Marinelli, entendez-vous?
marinelli. — Vous m'en voyez aussi surpris que vousmême...
le prince. — Cours à sa voiture, Baptiste: empêche-la de descendre;... dis que je ne suis pas ici;... fais qu'elle reparte à l'instant;... cours, te dis-je... {Baptiste sort.) Que me veut cette folle? qu'ose-t-elle faire? comment sait-elle que nous sommes ici? Est-ce le hasard qui l'amène, ou bien est-elle déjà informée de ce qui s'est passé? Ahl Marinelli, parlez;... répondez-moi donc; est-ce ainsi que vous êtes mon ami? L'amitié s'offense-t-elle pour quelques paroles légères?... faudra-t-il vous demander pardon?
marinelli. — Ah! mon prince, en revenant à vousmême, vous reprenez tous vos droits sur mon âme... L'arrivée d'Orsina est une énigme pour moi comme pour vous... Elle se laissera difficilement éconduire... Qu'ordonnezvous, cependant?
le prince. — Je ne veux pas la voir; je veux me retirer.
marinelli. — Bien... Sortez vite; je la recevrai...
le prince. — Mais seulement pour la congédier. Ne vous laissez pas séduire par elle;... songez que nous avons d'autres soins plus pressants.
marinelli. — Non, mon prince ; j'ai pourvu a tout;... reprenez courage;... ce qui manque encore, le temps l'amènera... Mais, voici la comtesse; dépèehez-vous... De ce cabinet ( il l'enferme dans nn cabinet) vous pourrez nous entendre. (Seul.) La pauvre comtesse, je le crains, a mal choisi son moment...