‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 192 sur 442 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Au lieu de femme de chambre, mettez demoiselle suivante. Je viens de vous entendre dire que votre police était trèsminutieuse : cela pourrait donner lieu à quelque malentendu qui, à la publication de mes bans, sepail capable de me susciter des affaires; car je suis vraiment encore demoiselle. Je m'appelle Francisca, et, de mon nom de famille, Willig : Francisca Willig. Je suis aussi de Thuringe. Mon père était meunier dans l'une des terres de mademoiselle, laquelle terre se nomme Petit-Ram&dûrf. C'est mon frère qui maintenant tient le moulin. J'entrai fort jeune au château, et fus élevée avec mademoiselle : nous sommes du même âge, vingt et un ans, vienne la Chandeleur. J'ai appris tout ce que mademoiselle a appris. Il me sera très-agréable que la police sache exactement cela.

l'hùte. — Bien, ma belle enfant; j'en tiendrai noie pour les cas ultérieurs. (A Minna.) Maintenant, mademoiselle, les affaires qui appellent ici Votre Grâce ?

minna. — Les affaires qui m'appellent ici?

l'hôte. — Votre Grâce a-t-elle quelque chose à demander à Sa Majesté le roi? *

minna. — Non vraiment.

l'hùte. — Ou à notre grande cour de justice?

minna. — Pas davantage.

l'hôte. — Ou...

minna, ï interrompant. — Non, non. Je suis ici pour mes affaires particulières.

l'hôte. — Très-bien, mon honorable demoiselle; mais comment les appelez-vous ces affaires particulières?

minna. — Elles s'appellent... Je crois, Francisca, que nous sommes l'objet d'une enquête spéciale?

francisca. — Monsieur l'hôte, la police ne veut probablement pas savoir les secrets d'une femme.

l'hôte. — Au contraire, nia belle enfant, la police veut tout savoir, et particulièrement les secrets.

francisca. — Eh bien, donc, mademoiselle, que faut-il faire? (A l'hôte.) Tenez, monsieur l'hôte, puisqu'il en est ainsi... Mais que cela demeure entre nous... et la police.

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