‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 2 sur 442 · II AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

II AVERTISSEMENT

rature nationale ouverte par lui, lesGœthe, les Schiller, les Immermann , tous les shakspeariens ou romantiques de l'âge moderne, ont trop innové et créé d'eux-mêmes, ou trop voyagé dans le pays de la fantaisie, pour être considérés comme ses élèves, dans l'étroite acception du terme. Goethe et Schiller ont donné chacun une somme d'œuvres dramatiques reproduite en entier dans notre langue : cet honneur leur était bien dû. Les romantiques à la suite peuvent faire une série à part. Lessing et Kotzebue forment un groupe détaché.

On s'étonnera peut-être de voir que nous n'ayons pas suivi l'ordre chronologique dans le classement des pièces de Lessing. Ce n'est pas au seul désir de mettre en avant la traduction et l'étude de M. de Barante,que nous avons obéi en donnant le pas au drame de Nathan le Sage, qui date de 1778, sur Emilie Galotti (1772) et Minna de Barnhelm (1764). Il nous a semblé que, n'offrant pas au public la série complète des œuvres dramatiques de ce grand écrivain, mais ses trois pièces capitales, nous ne pouvions mieux faire que de présenter d'abord les deux plus parfaites et les plus éclatantes, par ordre d'importance. Or Nathan le Sage n'est pas uniquement un chef-d'œuvre, c'est le chef-d'œuvre suprême, c'est le testament moral de Lessing. On le cherche tout de suite au premier rang, qui lui appartient; car, en pareil cas, c'est la (in qui prime et couronne tout le reste.

Le meilleur drame de Kotzebue , Misanthropie et Repentir, date de la fin de 1788. L'auteur n'avait pas encore vingt-huit ans et devait fournir avec le plus vif succès une carrière considérable. Orr dans son théâtre,

Page 1