‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 223 sur 442 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

MINNA , FRANCISCA

minna. — Le major est-il déjà sorti? — Je crois, Francisca, que j'étais redevenue assez calme, et que j'aurais pu le retenir.

francisca. — Et je vais vous rendre plus calme encore.

minna. — Tant mieux. Sa lettre! oh ! sa lettre! Il n'y a pas une ligne qui ne décèle l'homme honnête et généreux; pas un refus de me posséder qui ne me prouve son amour. Il doit avoir remarqué que nous avons lu sa lettre. Qu'importe, pourvu qu'il vienne ? Il vient réellement, n'est-cepas? — Seulement un peu trop de fierté me paraît percer dans sa conduite; car ne vouloir pas devoir son bonheur à ce qu'on aime, c'est de la fierté, delà fierté impardonnable. S'il me la montrait trop fortement, Francisca....

francisca. — Alors, vous renonceriez à lui?

282 MINNA DE BARNHELM.

minna. — Eh I voyez donc ! as-tu déjà un retour de compassion pour lui? Non, chère étourdie, on ne renonce pas à un homme pour un défaut. Non ; mais il me vient une idée : je veux punir un peu son orgueil par un orgueil semblable.

francisca. — Il faut en effet, mademoiselle, que vous soyez redevenue bien calme, puisque vous songez a plaisanter.

minna. — Il est vrai ; mais viens, tu auras un rôle à jouer là dedans.

(Elles rentrent dans leur appartement.)

FIN DU TROISIEME ACTE

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