‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 340 sur 442 · L'INCONNU, EULALIE, LA COMTESSE, LE MAJOR · texte numérisé non relu

L'INCONNU, EULALIE, LA COMTESSE, LE MAJOR

eulalie arrive en chancelant, la comtesse veut la soutenir. — Laissez-moi, Madame. J'ai été assez forte pour pécher, aujourd'hui Dieu me donnera la force du repentir. [Elle s'approche de l'Inconnu, qui attend qu'elle l'aborde dans une grande agitation, la figure tournée de l'autre côté.

— Monsieur le colonel...

l'inconnu, d'une voix douce et tremblante, la figure toujours tournée de l'autre côté. — Que veux-tu de moi, Eulalie ?

eulalie, vivement émue. — Non, — pour l'amour de Dieu, — je n'étais pas préparée à cela. — Ah I ce ton me fend le cœur ! — Ce tu, ce tu amical, non, pour l'amour de Dieu, homme généreux, un ton dur et brusque pour l'oreille de la femme criminelle f

l'inconnu, cherchant à donner plus de fermeté à sa voix.

— Eh bien, madame ?

eulalie. — Hélas ! si vous vouliez alléger mon cœur, — si vous vouliez seulement vous abaisser jusqu'à me faire des reproches...

l'inconnu. — Des reproches? les voici sur mes joues pâles, dans mes yeux creux. — Je ne puis vous épargner ces reproches; ma bouche a pitié de voire misère.

eulalie. — Si j'étais une criminelle endurcie, ce silence serait un bienfait pour moi; mais je suis une pauvre femme repentante, et ce silence généreux m'écrase. — Hélas! il faut donc que je sois moi-même le héraut de ma propre honte ! Où serait pour moi le repos avant d'avoir ôté ce fardeau de mon cœur par la confession?

l'inconnu. — Pas de confession, madame. Je sais tout et je vous fais grâce de tout abaissement. Mais vous com-

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