SCÈNE VIII
LA SERVANTE, les précédents.
la servante. — Un paysan est là avec une lettre. Le monsieur qui l'envoie est dans les carrières et jure. Il a sa voiture cassée, et je crois aussi' une jambe.
le bourgmestre. — Depuis que je suis Bourgmestre et Doyen, chaque semaine un voyageur a été renversé, Dieu merci !
madame staar. — Mais pourquoi le très-honorable Conseil municipal ne fait-il pas arranger les chemins?
le bourgmestre. — Et que deviendraient nos maréchaux et nos selliers, qui ne vivent que des gens renversés ? Tout cela est calculé.
sabixe. — Mais, mon père, les voyageurs se plaignent beaucoup. Par-dessus le marché ils sont forcés de payer le droit de chaussée.
le bourgmestre. — Laisse-les se plaindre et payer. Que veulent donc ces voyageurs, quand nous, nous supportons que le trottoir de notre bonne ville de Kraehwinkel soit encore plus mauvais que celui de la chaussée?
sabixe. — Malgré la taxe du pavage.
le bourgmestre. — A cause de cela! Nous nous cassons aussi les jambes, et nous ne nous plaignons pas. Eh bien, où est la lettre?
la servante, ouvrant la porte. — Entrez, l'ami.
(Elle sort.)