UN PAYSAN", LES PRÉCÉDENTS
le paysan. — Que Votre Seigneurie fasse excuse. Làbas, dans la carrière, est un monsieur ; il faut que ce soit un grand seigneur, car il a des lanternes à sa voiture, mais elles sont toutes cassées.
le bourgmestre. — Et les bras et les jambes?
le paysan. — Sont restés intacts cette fois-ci. Seulement le nez a été un peu écorché.
le bourgmestre. — Et la voiture?
le paysan. — Ah! elle est dans un état pitoyable. Une roue est là-haut, à côté de la tablette, avec les impôts de chaussée.
m. staar. — Alors il peut lire pour passer le temps.
le paysan. — Oh ! il a an tas de livres! mais tous salis, ainsi que ses habits. C'est pour cela qu'il ne veut pas paraître devant Votre Seigneurie.
le bourgmestre. — Que nie veut-il?
le paysan. — Il m'a donné un demi-florin pour porter cette lettre chez vous et pour l'annoncer.
madame staar. — Il vient peut-être pour la fête de demain.
sabine, à part. — Ou peut-être... — Oh! le cœur me bat!
le bourgmestre, ouvre la lettre. — Quoi! Comment ? De Son Excellence le ministre dirigeant? Le patron de notre ville? — Qu'on se taise, qu'on s'étonne, qu'on écoute! (// lit.) « Mon cher monsieur le Bourgmestre, » — Oh! oui, Son Excellence m'a toujours aimé. — « Le porteur de cette lettre, mon ancien ami d'école et d'Université, M. Olmers... »
sabine, à part. — C'est lui I
madame staar. — Monsieur Olmers, tout court? un ami du ministre ?
le bourgmestre. — Silence ! (// lit.) « a entendu dire beaucoup de bien de vous et de votre ville, et désire y rester quelques semaines. » — Entendez-vous? Dans la Résidence on ne parle que de moi et de notre ville. — « Comme je l'aime et estime beaucoup, je désire que vous ayez l'obligeance... » — Serviteur très-humble! — « de le loger chez vous, dans votre maison... » — Votre Excellence n'a qu'à demander, — « de l'aider en cas de besoin » — Je n'y manquerai pas.
sabine, à part. — Dieu soit loué !
le bourgmestre lit. — « Et de le regarder comme votre propre fils... » — fiât ! — « Je saisirai avec plaisir l'occa-