‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 358 sur 442 · ACTE I, SCENE IX. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IX. i

sion do vous cire agréable à mou tour. . . » — Ah! trop d'honneur! — « Acceptez l'assurance de ma considéralion. Votre bien dévoué, comfe de Hochberg. » — Et tout manu propria! L'avez-vous entendu? Son Excellence le comte de Hochberg,..

MADAME STAAR. — Est tOll bien dévoilé...

m. staar. — Vous assure de sa considération...

le bourgmestre. — Il saisit l'occasion ! — Voilà un homme! Enfants, voilà un homme! Il pourrait devenir Bourgmestre de Knehwinkel. Mais il aura trouvé en moi son homme. [Au paysan.) Allons, vite! va chez cet étranger, dis-lui que je suis son très-humble serviteur et que ma propre voiture va être à l'instant à son service."

madame staar. — A quoi penses-tu? Nos chevaux sont dans les champs à chercher les pommes de terre.

le bourgmestre. — Vrai! c'est désagréable! Qu'on aille immédiatement chez l'aubergiste du Chat-d'Or, il faut qu'il donne sa voiture, qu'il mette son uniforme de chasseur, et lui-même conduira, ira chercher, emmener et ramener l'étranger. Vite! allons!

(Le paysan sort.)

sabine, à part. — Il a tenu sa promesse.

madame staar. — Cela ne me plaît [ as, mon fils, que lu aies fait dire à l'étranger que tu es son très-humble serviteur. C'en est trop !

le bourgmestre. — Trop ? n'est-il pas l'ami du ministre? Et M. le comte n'est-il pas mon bien dévoué'!

madame staar. — Très-bien, mais ce monsieur lui-nièmc, il n'est absolument rien, il n'a ni titre ni état, — rien que Monsieur Olmcrs. Toi, tu es Bourgmestre et Doyen.

le bourgmestre. — Sans doute, sans doute! Mais qu'y faire? Le paysan est parti avec le très-humble.

m. staar. — Je pense, ma mère, qu'il se cache tout autre chose derrière ceci. Si M. Olmers n'était vraiment que M. Olmers tout court, le ministre s'en moquerait bien. Ami de collège, d'Université? Mon Dieu!. les grands oublient ceux, qu'ils ont vus hier; je vois cela dans tous les romans, — à plus forte raison des gens avec lesquels ils ont expliqué Cornélius Nepos. Non. non, je suis convaincu que ce

monsieur Olmers voyage incognito et que c'est un homme influent dans l'État.

le bourgmestre. — Mon frère a vraiment une excellente

idée. Vous verre/ que l'étranger n'est pas inoins que ministre.

m. staar. — Au moment où vous y penserez le moins, il ùte son pardessus, — et voila Yétoile .

madame staar. — Une étoile ! Je m'évanouis.

sabine, à part. — Il y a en effet quelque chose de précieux à cette place.

madame staais. — Mais dites-moi seulement ce qu'il peut vouloir ici?

le bourgmestre. — Est-ce que nous manquons dechoscs curieuses? Le vieil Hôtel de ville, bâti en 1430. Dans la grande salle, un général des Ilussites * a donné un soufflet au bourgmestre de ce temps-là.

m. staar. — Et la cote de baleine au plafond ?

le bourgmestre. — Et l'horloge, où le coq chante et où l'apôtre saint-Pierre secoue la tète.

madame staar. — Et notre blanchisserie?

m. staar. — Et la grande ramure de cerf?

le bourgmestre. — Un duc de Poméranie a tué le cerf de ses mains, de ses illustres mains.

madame staar. — Peut-être aussi qu'il vient à cause de nos fabriques de drap ?

le bourgmestre. — Basic! un homme comme lui a vu assez de drap dans sa vie.

.madame staar. — Il va admirer mon café de chicorée.

m. staar. — Il aura un bon livre de mon cabinet de lecture.

le bourgmestre. — Ou les pièces les plus curieuses des procès qu'un très-honorable Conseil a jugés.

madame staar. — Quelle sensation d'apprendre qu'un monsieur comme lui loge chez nous/

le bourgmestre. — Il faut le recevoir dignement.

I . On sait qu'après lu supplice de Jean Huss, en I il ci, ses partisan?. soiia Ziska, et Procope Raze ensuite, épouvantèrent l'Allemagne de leufa ravagée.

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