IV AVERTISSEMENT
Des Notices, aussi substantielles que possible dans un cadre forcément restreint, donnent au lecteur tous les renseignements nécessaires sur chaque auteur et sur chaque pièce et apprécient en peu de lignes la valeur de l'œuvre ou de l'écrivain. L'une de ces notices, celle qui précède la traduction d'Emilie Galotti, est une étude très-ferme et très-vive , où la fine critique de M. Charles de Rémusat s'est condensée en quelques pages.
Grimm, do Simrock, Bechstein, Fr. Hoffmann, Musœus, Tieck, etc., et traduits par Félix Frank et E. Alslebf.n. (Un vol. gr. in-8. Didier et Ce.)
DE
S'il est un homme auquel les Allemands doivent un large tribut de gratitude pour avoir illustré leur littérature, que dis-je? pour l'avoir affranchie du joug étranger et en quelque sorte créée, par l'exemple comme par la critique, c'est bien Lessing. Ce fut vraiment un grand homme, dans toute l'acception du terme : grand par les idées, par le talent et par le cœur. II unit dans de rares et puissantes proportions l'esprit d'analyse et l'esprit de polémique, instrument de recherche et arme de combat au service de la vérité, avec le génie qui s'empare des éléments les plus divers pour fonder une œuvre d'art complète, harmonieuse et vivante.
Rien ne saurait en donner tout d'abord une plus juste idée que ce passage du livre de Henri Heine sur l'Allemagne. Après avoir montré ce pays asservi au goût français du dix-septième siècle, se traînant sur les traces de nos poètes et de nos critiques, et avoir décoché un trait contre l'Allemand Gottsched, le plus célèbre représentant de la tradition glacée de ce monde artificiel, écrasante surtout pour le théâtre , il ajoute : « Lessing fut l'Arminius littéraire qui délivra notre scène de cette domination étrangère. Il nous montra la nullité, le ridicule, le mauvais goût de ces imitations du théâtre français, qui, ellesmêmes, étaient imitées du théâtre grec. Mais ce ne fut pas seulement par sa critique, ce fut par ses propres ouvrages qu'il