SCÈNE YII
OLMERS et SABINE.
olmers. — Les voilà partis, enfin!
Sabine. — Et maintenant il faut que nous rentrions aussi.
olmers. — Non pas; la soirée est si belle, faisons un tour de promenade devant la porte de la ville.
sabine. — Ètes-vous fou? Pourquoi pas jusque dans votre carrière?
olmers. — Alors au moins dans les rues.
sabine. — Pas davantage. Vous voyez ce qu'une fille risque en s'écartant des convenances, fût-ce de la largeur d'un doigt. Parce que je me suis laissé entraîner h venir devant la porte de la maison, monsieur croit tout de suite que nous pouvons nous promener comme cela dans le vaste monde!
olmers. — Une promenade innocente...
sabine. — Un passage joyeux à travers la vie, à votre main, oui, — mais une telle promenade avant le mariage, non! Maintenant, bonne nuit. Demain matin, montrez de bonne heure votre titre et suivez mes autres instructions ponctuellement.
olmers. — Bonne nuit, mon amour ! Mais vous ne me refuserez pas un baiser?
sabine. — Une poignée de main est déjà de trop! Bonne nuit! — Ah ! Dieu! je vois arriver une lanterne qui prend son chemin par ici, vers nous. C'est le garçon de bureau aveugle, si je ne me trompe. Vite, jouons encore une fois à cache-cache.
(Ils se retirent de nouveau derrière le poteau de la lanterne.)