SCÈNE I
L'intérieur de la maison de Nathan.
RECIIA, DAYA.
rbcha. — Comment disait donc mon père, Daya? «Que je dois m'attendre à le voir dans un moment? » Gela veut dire, n'est-ce pas vrai, que nous allons le voir paraître tout à l'heure?... Cependant voilà déjà beaucoup de moments passés... mais qui songe au passé?... Je ne vis que pour l'instant qui va venir; il arrivera enfin, le moment qui doit l'amener ici.
daya. — Ah 1 maudit message du sultan t car, sans cela. Nathan l'eût sûrement amené ici tout de suite.
reciia. — Et quand il sera venu, quand le plus ardent, le plus intime de mes vœux sera accompli: eh bien, après?... après?
daya. — Hé bien, après... J'espère que le plus ardent de mes vœux sera aussi accompli.
recha. — Qui pourra ensuite occuper la place qu'il avait prise dahs ce cœur, qui désapprendra à palpiter s'il n'éprouve pas un désir plus fort que tous les autres désirs? Ah ! rien... j'en ai peur.
daya. — C'est mon vœu qui pourrait bien alors occuper cette place dans ton cœur, le vœu de te savoir en Europe, de te savoir en des mains dignes de toi.
reciia. — Tu t'égares... Ce qui fait que tel est ton vœu est précisément ce qui empêche qu'il ne devienne le mien. Tu te sens attirée par ta patrie; et ne dois-je pas tenir à la mienne, à ma patrie? L'image de tous les tiens, qui n'est