NOTICE SUR LESSIXG. IX
d'une nombreuse famille, qui lui servit de professeur jusqu'à l'âge de douze ans. Envoyé au Collège du prince1 à Meissen, une des écoles de la Saxe où l'on faisait les plus fortes études, surtout dans les langues classiques, il en sortit à l'âge de dixsept ans pour aller à l'université de Leipzig étudier la théologie, d'après le vœu de son père. Mais le génie de l'antiquité et l'instinct du théâtre se le disputaient déjà. On le voyait courir des doctes leçons de Christ et d'Ernesti au théâtre de la Neuber, s'adonner aux arts, et suivre la philosophie de Wolf, alors florissante. Il ne trouvait pas mauvais non plus de se former en vue du monde par des exercices de danse, de gymnastique et d'escrime. Le théâtre, qui le passionnait, le piquait aussi d'émulation, comme il ne tarda pas à le prouver en donnant le Jeune Savant, comédie commencée dès le collège, Damon ou la Véritable amitié, autre comédie insérée dans le recueil de son ami Mylius, la Vieille Fille, les Juifs (première idée de yathan le Sage), l'Esprit fort !, le Misogyne, le Trésor (d'après le Trinummus de Plaute). Enfin il fréquentait les acteurs. Ses parents, avertis par des bruits qui grossissaient les choses dans un sens fâcheux, et scandalisés de la représentation du Jeune Savant, le rappelèrent. Le père dut reconnaître cependant qu'il n'avait pas perdu son temps. Il le laissa repartir, et Lessing se couvrit du titre d'étudiant en médecine. Mais bientôt il reprit son ancien train de vie, et, pour se suffire par lui-même, il quitta de nouveau Leipzig, et regagna Berlin où il avait déjà suivi Mylius, en 1750, s'occupant alors de traduire le célèbre ouvrage de l'Espagnol Jean Huarte : Examen de ingénies para las sciencias (Examen des aptitudes diverses pour les sciences). Dans l'intervalle, il avait encore étudié le dogme et l'exégèse à Wittemberg: Tout cela devait lui servir plus tard. Ce ne fut pas sans peine qu'il débuta. Mais devenu rédacteur de la Gazette de Voss ( 1 7a 1 1, il publiait, dès 1753 et 1754, quatre volumes de mélanges (Chansons anacréontiques, Odes, Fables, Épigrammes en partie inspirées de Martial, Lettres sur la littérature, quelques pièces de théâtre), et vers le même temps sa Bibliothèque théâtrale. Déplus, il annonçait un critique redoutable dans son Vade mecum pour