‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 94 sur 442 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Le harem de Sittah.

SITTAH et RECHA, continuant une conversation.

sittah. — Combien, douce fille, je jouis de ta présence! Mais n'aie donc pas celle peur I Ne sois pas si timide! si crainlive! Sois donc plus animée, plus parlante, plus confiante.

recha. — Princesse...

siTTAii. — Non pas, pas princesse; nomme-moi Sitlah... ton amie... ta sœur... nomme-moi ta petite mère : je pourrais presque l'être. Si jeune, si discrète, si pieuse, que de choses tu sais! Tu as sûrement lu beaucoup?

reciia. — Moi, lu? Siltah, lu le moques de ta naïve petite sœur, à peine sais-je lire.

SITtah. — A peine lire, menteuse?

recha. — Un peu l'écriture de mon père. J'ai cru que lu parlais des livres.

SITTAH. — Assurément, des livres.

recua. — Eh bien, il m'est difficile de lire dans les livres.

sittaii. — Sérieusement?

reciia. — Très-sérieusement. Mon père aime trop peu la froide science des livres qui n'imprime dans le cerveau que des lettres mortes.

sittau. — Que dis-tu là?, il n'a peut-être pas grand tort. Et ainsi toutes les choses que tu sais...

recha. — Je ne les sais que de sa bouche; et, pour la plupart, je pourrais te dire encore comment ou pourquoi il me les a apprises.

sittau. — Elles se retiennent bien mieux, de la sorte : c'est toute l'âme qui s'instruit.

reciia. — Sûrement Siltah aussi a lu peu ou même rien?

sittau. — Comment cela? Je ne suis pas hère au moins du contraire. Mais comment donc? quel est ton motif? Parle hardiment, quel est ton motif?

reciia. — Siltah est si simple, si raisonnable, si dénuée d'arl, tellement semblable à elle seule et pas aux autres...

sittau. — Hé bien?

recha. — Les livres nous laissent rarement ainsi, dit

mon père.

sittau. — Oh! quel homme que Ion père! BECHA. — N'est-ce pas?

sittau. — Comme il frappe toujours au but! recha. — N'est-ce pas ? — El ce père...

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