ACTE II, SCÈNE VI
Polit-Jean de Gaveau * ne montait qu'en tremblant),
lue croupe en largeur à nulle autre pareille,
Et des gigots. Dieu sait ! Bref, c'est une merveille ;
El j'en ai refusé cent pistoles. crois-moi,
Au retour- d'un cheval amené pour le Roi.
Je monte donc dessus, et ma joie était pleine
De voir tiler de loin les coupeurs^ dans la plaine;
Je pousse, et je me trouve en un fort* à l'écart,
A la queue^ de nos chiens, moi seul avec Drécar '5.
Une heure là dedans notre cerf se fait battre.
J'appuie alors mes chiens^, et fais le diable à quatre;
Enfin jamais chasseur ne se vit plus joyeux.
Je le relance seul, et tout allait des mieux.
Lorsque d'un jeune cerf s'accompagne le nôtre :
Une part de mes chiens se sépare de l'autre.
Et je les vois. Marquis, comme tu peux penser.
Chasser tous avec crainte, et Finaut balancer *.
Il se rabat soudain, dont j'eus l'àme ravie;
Il empaunie la voie 9; et moi, je sonne et crie :
(( A Finaut! à Finaut ! » J'en revois à plaisir 'o
1. Petit-Jean est évidemment un écuyer au service du maquignon Gaveau.
2. Au retour, pour en retour, en échange d'un cheval du roi, plus cent pistoles, mille francs.
5. Les coupeurs, les chiens qui, se séparant des autres, quittent la voie de la bête, et coupent pour gagner les devants sur elle.
i. En un fort, dans une partie du bois particulièrement épaisse et toulFue.
o. A la queue. L'e final devrait être élidé; c'est une négligence qu'imposait à Molière la nécessité de conserver les locutions techniques dont il fait ici un si grand usage, et qu'il tenait, dit-on, de M. de Soyecourt lui-même.
a. Piqueur renommé.
7. J'appuie mes chiens, je les soutiens de la voix, en les appelant par leur norn.