‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 109 sur 744 · Balancer, hésiter entre dift'érentes voies · texte numérisé non relu

Balancer, hésiter entre dift'érentes voies

9. Ejnpaumer la voie, suivre la piste, être dans la voie droite du gibier, 10. Revoir, c'est voir sur la terre l'empreinte du pied de la béte.

Sur une faupiniére, el resonne à loisir.

Ouckiues chiens revenaient à moi, quand pour disgrâce

Le jeune cerf, Marquis, à mon campagnard passe.

Mon étourdi se met à sonner comme il faut,

Et crie à pleine voix « tayaut! tayaut! tayaut! »

Mes chiens me quittent tous, et vont à ma pécore ;

J'y pousse, et j'en revois dans le chemin encore ;

Mais à terre, mon cher, je n'eus pas jeté l'œil,

Que je connus le change * et sentis un grand deuil.

J'ai beau lui faire voir toutes les ditférences

Des pinces de mon cerf et de ses connaissances -,

Il me soutient toujours, en chasseur ignorant,

Oue c'est le cerf de meule 3; et par ce didércnd

Il donne temps aux chiens d'aller loin. J'en enragf

Et pestant de bon cœur contre le personnage,

Je pousse mon cheval et par haut et par bas.

Qui pliait des gauhs * aussi gros que le bras :

Je ramène les chiens à ma première voie.

Qui vont, en me donnant une excessive joie,

Requérir notre cerf, comme s'ils l'eussent vu.

Ils le relancent ; mais ce coup est-il prévu?

A te dii'e le vrai, cher Marquis, il m'assomme :

Notre cerf relancé va passer à notre honmie.

Qui croyant faire un Irait de chasseur fort vanté,

D'un pistolet d'arçon qu'il avait apporté

Lui donne justement au milieu de la tête.

Et de fort loin me crie : « Ah ! j'ai mis bas la bête ! »

A-t-on jamais parlé de pistolets, bon Dieu !

1. Le change, terme de vénerie, se dit quand les chiens qui poursuivaient un cerf, le quittent pour courir après un autre qui se présente devant eux.

2. Les pinces : ce terme de vénerie désigne les pointes des ongles du cerf et du sanglier. — Connaissances, indices, vestiges qui enseignent où peut se trou^'er la bête.

/>. Cerf de meute, le premier sur lequel on a lancé la meule. i. Gautis, grosses et fortes branches.

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