‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 117 sur 744 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

AR>OLPHE, AGNÈS.

Avant d'épouser Agnès, Arnolplie croit devoir l'instruire de ses nouveaux devoirs. Il lui remettra tout à l'heure un petit écrit, qui sera son bréviaire d'épouse, il est intitulé : Les maximes du mariage ou 1rs devoirs de la femme mariée, avec son exercice journalier. Il fait précéder cette lecture d'une sorte de leçon d'introduction, que les ennemis de Molière appelèrent, non sans malice, un « sermon ».

ARNOLPHE, assis.

Ailles, pour m'écouter, laissez là votre ouvrage. Levez un peu la tèle et tournez le visage : F^à*, regardez-moi là durant cet entretien, El jusqu'au moindre mot imprimez-le-vous bien. Je vous épouse, Agnès; et cent fois la journée Vous devez bénir l'heur de votre destinée. Contempler la bassesse où vous avez été, Et dans le même temps admirer ma bonté, Qui de ce vil état de pauvre villageoise Vous fait monter au rang d'honorable bourgeoise. Vous devez toujours, dis-je, avoir devant les yeux Le peu que vous étiez sans ce nœud glorieux, Alin que cet objet d'autant mieux vous instruise A mériter l'état où je vous aurai mise, A toujours vous connaître, et faire qu'à jamais Je puisse me louer de l'acte que je fais-.

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