‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 119 sur 744 · ACTE III, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IL

C'est-à-dire d'ouïr aucun jeune blondin.

Songez qu'en vous faisant moitié de ma personne,

C'est mou honneur, Agnès, que je vous abandonne;

Que cet honneur est tendre et se blesse de peu;

(Jue sur un tel sujet il ne faut point de jeu;

Et qu'il est aux enfers des chaudières bouillantes

Où l'on plonge à jamais les femmes mal vivantes'.

Ce que je vous dis là ne sont pas des chansons ;

Et vous devez du cœur dévorer ces leçons.

Si votre âme les suit, et fuit d'être coquette.

Elle sera toujours, comme un lis, blanche et nette;

Mais s'il faut qu'à l'hoiuieur elle fasse un faux bond.

Elle deviendra lors noire comme un charbon;

Vous paraîtrez à tous un objet effroyable.

Et vous irez un jour, vrai partage du diable,

Bouillir dans les enfers à toute éternité :

Dont vous veuille garder la céleste bonté!

Failes la révérence. Ainsi qu'une novice

Par cœur dans le couvent doit savoir sou office,

Enliantau mariage il en faut faire autant;

Et voici dans ma poche un écrit important

(11 se lève.)

Qui vous enseignera l'office de la femme.

J'en ignore l'auteur, mais c'est quelque bonne âme,

Et je veux que ce soit votre unique entretien-.

1. Mal vivantes, qui se conduisent mal. L'accord du participe prépont fut autorisé pendant la plus grande partie du xvii» siècle. On on trouve des exemples chez La Fontaine, Boileau, Racine.

Presque rien, dit le chien : donner la chasse aux gens Purtanis bâtons et mendianls.

(Fables, liv. I, fab. 5.)

Vaugclas n'autorise pas l'accord au féminin; mais on voit que Molière n'a pas tenu compte de cette interdiction. Cf. p. 83, note 3.

2. 11 est certain que les ennemis de Molière pouvaient avec quelque apparence de raison voir dans ce passage une parodie des formes ordinaires du sermon. Il est permis de sujiposer que Molière avait dû

ir.C I/KCOI.E DES FEMMES.

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