SCÈNE IV
HORACE, AKNOLPllE.
Arnolplio a résolu de disputer au jeune Horace le cœur d'Agnès. Il a pris des mesures énergiques pour lui interdire l'accès de sa maison, et, sur ses propres conseils, Agnès vient de jeter un grès à la tète de son amoureux. Fier de ce premier succès, Arnolphe s'empresse de demander à Horace de nouvelles confidences sur ses amours, pour jouir de sa déconvenue et de son désespoir, Mais, comme nous le verrons, sa joie sera de courte durée. (Acte III. se. iv.)
ARNOLPHE
lié bien! vos amourettes?
Piiis-je, seigneur Horace, apprendre où vous en êtes? J'étais tantôt distrait par quelque vision ; Mais depuis là-dessus j'ai fait réflexion : De vos premiers progrès j'admire la vitesse, Et dans l'événement mon âme s'intéresse*.
HOnACE.
Ma foi, depuis qu'à vous s'est découvert mon cœur, li est à mon amour arrivé du malheur.
ARNOLPHE
Ûh! oh! comment cela"?
HORACE
La fortune cruelle A ramené des champs le patron de la belle.
trouver chez les conteurs du moyen âge de nombreux exemples de semblatiles libertés; mais il eut ie tort de ne pas voir qu'elles ne pouvaient être reprises sans danger au xvu" siècle.
1. Mon âme s'intéresse au dénouement de cette intrigue amoureuse. Pendant fort longtemps on a dit s'intéresser dans là où nous mettons aujourd'hui s'intéresser à. On lit dans (^.orneille :
Veux-tu faire d'un coup deux infidélités. Et que dans mon amour Alidor s'intéresse?
{La Place Royale, acte II, se. vu.)