Cf. le Tartuffe, acte I, se. v
Et pour perdre quelqu'un couvrent insolemment De l'intérêt du ciel leur lier ressentiment.
5. Dans leur bouche, à ce qu'ils disent. i. Le grand Condé et la princesse Palatine.
5. Molière fait ici allusion aux prédicateurs, qui se croyaient obligés de lancer l'anallième du haut de la chaire sur le Tarluffe. Dans ses
Je me soucierais fort peu de tout ce qu'ils peuvent dire, n'était l'artitlce qu'ils ont de me faire des ennemis que je respecte, et de jeter dans leur parti de véritables gens de bien, dont ils préviennent la bonne foi, et qui, par la chaleur qu'ils ont pour les intérêts du Ciel, sont faciles' à recevoir les impressions qu'on veut leur donner. Voilà ce qui m'oblige à me défendre. C'est aux vrais dévots que je veux partout me justilier sur la conduite de ma comédie; e! je les conjure de tout mon cœur de ne point condamner les choses avant que de les voir, de se défaire de toute prévention, et de ne point servir la passion de ceux dont les grimaces les déshonorent.
Si l'on prend la peine d'examiner de bonne foi ma comédie, on verra sans doute que mes intentions y sont partout innocentes, et qu'elle ne tend nullement à jouer les choses que l'on doit révérer, que je l'ai traitée avec toutes les précautions que me demandait la délicatesse la matière, et que j'ai mis tout i'arl et tous les soii.s qu'il m'a été possible pour bien distinguer le personnage de rilypocrite d'avec celui du vrai Dévot. J'ai enqdoyé pour cela deux actes entiers à préparer la venue de mon scélérat. 11 ne tient pas un seul moment l'auditeur en balance: on le connaît d'abord aux marques que je lui donne; et d'un bout à l'autre il ne dit pas un mot, il ne fait pas une action qui ne peigne aux spectateiu's le caractère d'un
Obseridlioiis sur le. Festin de Pierre (16(55), le sieur de Rochemont dit (]ue ' toutes les langues que lo Saint-Esprit anime déclament contie Molière dans les chaires et condamnent [lubliiiuemcnt ses blasphèmes ».
1. Faciles II recevoir, reçoivent facilement. C'est à jieu près ainsi que Doih'.iu a dit des jeunes gens :
Sonl 2>rotni>t s à recevoir l'impression des vices.
{Art poét., ch. 111.
lOi TAIiTUFFE.
méchant homme, et ne fasse éclater cehii du véritable homme de bien que je lui oppose.
Je sais bien que pour réponse ces Messieurs tâchent d'insinuer que ce n'est point au théâtre à parler de ces matières'; mais je leur demande, avec leur permission, sur quoi ils t'oiident cette belle maxime. C'est une proposition qu'ils; ne font que supposer, et qu'ils ne prouvent en aucune façon: et sans doute il ne serait pas difficile de leur faire voir que la comédie-, chez les anciens, a pris son origine de la relifrion, et faisait partie de leurs mystères; ,{{ue les Espagnols, nos voisins, ne célèbrent guère de fête où la comédie ne soit mêlée; et que même, parmi nous, elledoit sa naissance aux soins d'une confrérie à qui appartient encore aujourd'hui l'Hôtel de Bourgogne', que c'est un lieu qui fut donné pour y représenterles plus im]iortants mystères de notre foi*; qu'on en voit encore des comédies imprimées en lettres gothiques, sous :1e nom d'un docteur de Sorbonne°; et, sans aller chercher si loin, que l'on a joué de notre temps des pièces saintes de M. de Corneille*', qui ont été l'adiniratiou tle toute la France.
1. C'est rolijoction du invsident de Lamoignon : voyez la Notice, p. 188.