PREMIER PLACET
r-RÉSENTÉ AU ROI SUR LA COMÉDIE DU TAI'JfFFB SlRE,
Le devoir de la comédie étant de corriger les hommes en les divertissant, j'ai cru que, dans remploi' où je me trouve, : je n'avais rien de mieux à faire que d'attaquer par des peintures ridicules les vices de mon siècle; et comme l'hypocrisie sans doute en est un des plus en usage, des plus incommodes et des plus dangereux, j'avais eu. Sire, la pensée que je ne rendrais pas un petit service à tous les honnêtes gens de votre royaume, si je faisais une comédie qui décriât les hypocrites, et mît en vue comme il faut toutes les grimaces étudiées de ces gens de hien à outrance, toutes les friponneries couvertes ^ de ces faux-monnayeurs' en dévotion, qui veulent attraper les hommes avec un zèle contrefait et une charité sophistique.
1. L'emploi de poète comiqiu; : Molière paile ici des exigences de son métier : il est dans son rôle en llétrissant l'iiypo-risie. 11 ne s'agit pas
:de {'emploi qu'il exerce comme directeur de la ti oupe du Roi.