TROISIÈME PLACET
PRÉSENTÉ AU ROI SlKE,
Vn fort honnête médecin*, dont j'ai l'honneur d'être le malade, me promet et veut s'obliger par-devant notaires de me faire vivre encore trente années, si je puis lui ob~ tenir une grâce de Votre Majesté. Je lui ai dit, sur sa promesse, que je ne lui demandais pas tant, et que je serais satisfait de lui pourvu qu'il s'obligeât de ne me point tuer. Cette grâce, Sire, est un canonicat de votre chapelle royale de Vincennes, vacant par la mort de....
Oserais-je^ demander encore cette grâce à Votre Majesté îo propre jour^ de la grande résurrection de Tartuffe, res-
-cité par vos bontés ■? Je suis, par cette première faveur,
ioncilié avec les dévots ; et je le serais par cette seconde ivec les médecins. C'est pour moi sans doute trop de t:i;'ice à la fois; mais peut-être n'en est-ce pas trop pour V.itre Majesté; et j'attends avec un peu d'espérance res- {M'ctueuse la réponse de mon placet.
1. Ce médecin était M. de Mauvillain, élu en 1666 doyen de la Faculté, il l'ut sérieusement accusé de trahison par ses confrères : on prélendit qui! avait été le collaborateur, ou, pour mieux dire, le complice de îiclière, dans ses attaques contre les médecins et la médecine.
•2. Molière demandait ce canonicat pour le fils de M. de Mauvillain.