ACTE T. SCÈNE I
L'apparente lueur du moindre attachement'. D'en semer la nouvelle avec beaucoup de joie, Et d'y donner le tour qu'ils veulent qu'on y croie : Des actions d'autrui, teintes de leurs couleurs, Ils pensent dans le monde autoriser les leurs. Et sous le faux espoir de quelque ressemblance, Aux intrigues qu'ils ont donner de l'innocence, Ou faire ailleurs tomber quelques traits partagés De ce blâme public dont ils sont trop chargés.
MADAME TEUNELLE.
Tous ces raisonnements ne font rien à l'affaire -. On sait qu'Orante mène une vie exemplaire : Tous ses soins vont au Ciel; et j'ai su par des gens Qu'elle condamne fort le train ^ (jui vient céans.
DOP.INE.
L'exemple c^t admirable, et cette dame est bonne î
Il est vrai qu'cJie vit en' austère personric;
Mais l'âge dans son âme a mis ce zèle ardent.
Et l'on sait qu'elle est prude à son corps défendant*.
Tant qu'elle a pu des cœurs attirer les hommages.
Elle a fort bien joui de tous ses avantages;
Mais, voyant de ses yeux tous les brillants ^ baisser,
Au monde, qui la quitte, elle veut renoncer,
Et du voile pompeux d'une haute sagesse
De ses attraits usés déguiser la faiblesse.
Ce sont là les retours ^ des coquettes du temps,