ACTE III, SCENE II. 2G
DORl.\E.
Vous êtes donc bien tendre à la tentation, Et la chair sur vos sens fait grande impression? Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte : Mais à convoiter, moi, je ne suis point si prompte, Et je vous verrais nu du haut jusques en bas, Que toute votre peau ne me tenterait pas^.
Mettez dans vos discours un peu de modestie. Ou je vais sur-le-champ vous quitter la partie.
DORIXE.
Non, non, c'est moi qui vais vous laisser en repos. Et je n'ai seulement qu'à vous dire deux mots. Madame va venir dans cette salle basse, El d'un mot d'entretien vous demande la grâce.
TARTLFFE.
Ilélas ! très-volontiers.
DORINE, en soi-même.
Comme il se radoucit!
Ma foi, je suis toujours pour ce que j'en ai dit.
Vicndra-t-elle bientôt ?
DORLNE.
Je l'entends, ce me semble.
Oui, c'est elle en porsonno, et je vous laisse ensemble.
1. lîossuet prêle le même langage au.x gens du monde qui ne se prétendent pas choqués par la vue des « nudités » : « Ils insultent aux prédicateurs (ici Tarlufl'e) qui en reprennent les femmes, jusqu'à dire que les dévots se confessent «ux-mêmes par là de trop faibles et trop sensibles : pour eux, disent-ils, ils ne sentent rien. » (.Maximes et l'é/lexious sur la Comédie, 8.)