Si ce n'est l'intérêt
2. On a beaucouj) disserté sur ces vers et l'on a voulu y voir la justification des criti<|ues adressées au style de Molière par l>a Bruyère, Fénelon, etc. On reproche au poète d'avoir dit : prendre intérêt en quelqu'un, locution qui se retrouve au V' acte du Tartuffe, se. vi, et qi:e Molière n'eut pas employée, pouvant, sans violer la prosodie, remplaciT e» par fj, s'il n'y avait et'' auloiisé pai' l'usage de son temps; le mot nœud, comme les mots fpiix, /lamine etc.. avait été complètement détourné de son sens ('tymologique, et, devenu synonyme de mariage, pouvait très légitimemont s'employer avec le verbe réso^rfre; enfin il suffit de lire Descartes. Dossuct, Pascal pour savoir que les écrivains du XVII' siècle n'avaient pas les mêmes scrupules que nous à multiplier les qj/e dans une même phrase. Il nous semble que Molière, dans ce passage, a tout simplement écrit la langue de son temjis, et il est inutile de chercher dans la forme embarrassée de la phrase l'expression de? pudi(iues hésitations d'Klmire.
(ju'iin peu de vos faveurs, après quoi je soupire, Ne vienne ni'assurer loul ce qu'ils m'ont pu dire, Et planter dans mon âme une constante foi Di's charmantes bontés que vous avez pour moi. Ei.Mir.E. Elle tousse pour avenir son maii.
Quoi? vous vouiez aller avec cette vitesse. Et d'un cœur tout d'abord épuiser la tendresse*? On se tue à vous faire un aveu des plus doux; Cependant ce n'est pas encore assez pour vous. Et l'on ne peut aller jusqu'à vous satisfaire. Qu'aux dernières faveurs on ne pousse l'allaire?
* lAr.ïL'irf. • Moins on mérite un bien, moins on l'ose espérer. Nos vœux sur des discours ont peine à s'assurer. On soupçonne aisément un sort^ tout plein de gloire, Et l'on veut en jouir avant que de le croire. Pour moi, qui crois si peu mériter vos bontés. Je doute du bonheur de mes témérités; Et je ne croirai rien, que vous n'ayez, Madame, Par des réalités ^ su convaincre ma llannne.
EI.MIUE.
Mon Dieu, que votre amour en vrai tyran airit. Et qu'en un trouble étrange il me jette l'esprit! Que sur les cujurs il prend un furieux empire,
1. Ceci rappelle rolijeclion laite parCathoset ^lagde\on Iles Précieuses l'idiciiles, se. ivi à (lor^nbus. qui leur parle tout de suite de mariage ; Tartulîe ne parait pas en effet se soucier de parcourir les étapes de la carte du Tendre: « Billets-Doux, Petits-Soins, I5illets-Galants et Jolis-Vers sont des terres inconnues pour lui ».