El Convitato dejnedra
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Le Convié de pierre de^i Italiens obtint un tel pucccp, que bieiifôl toutes les troupes rivales voulurent s'emparer de ce sujet : il plaisait en elfet au public par ce qu'il rcnCennait de surnaturel, et surtout par le rôle considérable qu'il accordait à la di'coration et à la mise en scène. C'est pour répondre à cette curiosité de la foule que Doriniond, comédien de la troupe de Mademoiselle, et De Villiers, acteur de l'ilôtelde Douj'gogne, firent successivement représenter deux tra|ïi-comédies l'galement intitulées : le Festin (le pierre ou le Fils criminel f IGoS-lGôO). Le succès de ces deux pièces fut assez brillant pour ((ue la troupe de Molière voulut à son tour exploiter la vogue qui avait accueilli la légende de Don Juan.
On peut donc admettre que tout d'aliord Molière fut amené à traiter ce sujet par la concurrence qu'il devait soutenir contre des théâtres rivaux. Mais ses comédiens durent l'y décider sans peine, car il semble avoir vu d'un premier coup d'oeil comment cette histoire merveilleuse pouvait s'adapter à sa poétique, et. tout en conservant le mystère de la légende, offrir un tableau ndèle des mœurs contemporaines. Il est à remarquer en effet ((ue, quel que soit le sujet qu'il traite, Molière ne peut se détacher de son temps ni l'oublier. Il avait vu à Versailles Je grand seigneur « libertin ' » et débauché, dont les œuvres de ses prédécesseurs ne donnaient qu'une image traditionnelle, et, grâce à ses observations personnelles, il put préciser et dater ce caractère. Il avait souifert lui-même de l'imperlinence de ces courtisans, qui affectaient l'incrédulité pour affranchir leurs vices des contraintes de la religion : il avait vu de près la sécheresse de leur cœur, leurégo'isme, la bassesse réelle de leurs sentiments, que déguisaient mal certains dehors chevaleresques, et son regard de moraliste avait pénétré la corruption profonde de ces âmes où la religion de l'honneur ne s'était conservée qu'avec la complicité de l'orgueil. C'est donc d'après nature, selon sa coutume, qu'il peignit le personnage de Don Juan, dans lequel il incarna cette terrible chose, « un grand seigneur méchant homme ».
Il suffirait de lire les Maximes de La Rochefoucauld, qui parurent à la même époque et dont les éléments sont empruntés à la même société, pour se convaincre que Jlolière était u'i