‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 332 sur 744 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Il regarde en pitié tout ce que chacun dit.

ACASTE

Mieu me danane, voilà son portrait véritable.

CUTAXDKE.

Pour liion j)eindre les gens vous êtes admirable.

ALCESTK.

Allons, ferme, poussez', mes bons amis de ccur; Vous n'en épargnez point, et chacun a son tour : Cependant aucun d'eux à vos yeux ne se montre. Qu'on ne vous voie, en hâte, aller à sa rencontre. Lui présenter la main, et d'un baiser llatleiu" Appuyer les serments d'être son sen'iteur.

CLITANDRE

l'ounpiùi s'en prendie à nous? Si ce cprori dit vous blesse, 11 laut (pic le reproche à Jladame s'adresse.

jN'on, morbleu! c'est à vous; et vos ris complaisants

Tiient de son esprit tous ces traits médisants.

Sou humeur satirique est sans cesse nourrie*

Par le coupable encens de votre llatterie;

Et sou cœur à railler trouverait moins d'appas,

S'il avait observé qu'on ne l'ajjplaudîl pas.

C'est ainsi qu'aux liai leurs on doit partout se prendre

Des vices où l'on voit les humains se répandre'.

de Molière : « Arsène du plus haut de son esprit contemple les hommes, et, dans l'éloignement d'où il les voit, il est comme effraye de leur petitesse ». (Des Ouvrages de l'Esprit.)

1. Po(/.s.tc3 .• attaquez, pressez votre adversaire ; celte locu',:on parait empruntée à la lanjjrue do l'escrime.

Page 1