yourrie, entretenue
5. Dans ces deux derniers veis, Alneste, qui précédemment avait raison de condamner l'humeur médisante de Célimène, devient un pou ridicule, parce qu'il déclame avec une véhémence déplacée contre los vices des « humains », et donne à sa misantiiroiùe une expression trop générale et trop oratoire.
408 ZE MISANTIlflOPE.
PHII.INTK.
Mais pourquoi pour ces gens un inlrriM si grand, Vous qui condamneriez ce qu'en eux on reprend?
CÉl.IMJiNK.
El ne J'aut-il pas bien que Monsieur contredise? A la commune voix veut-on qu'il se réduise, Et qu'il ne fasse pas éclater en tous lieux L'espril contrariant qu'il a reçu des cieux? Le sentiment d'autrui n'est jamais pour* lui plaire; Il prend toujours en main l'opinion contraire, Et penserait paraître un homme du commun. Si l'on voyait qu'il fût de l'avis de quelqu'un. L'honneur de contredire a pour lui tant de charmes, Qu'il prend contre lui-même assez souvent les armes, Et ses vrais sentiments sont combattus par lui. Aussitôt qu'il les voit dans la bouche d'autrui*.
ALCKSTE.
Les rieurs sont pour vous, Madame, c'est tout dire. Et vous pouvez pousser contre moi la satire.
PUILINTE.
îfiais il est véritable aussi que votre esprit Se gendarme'' toujoiirs contre tout ce qu'on dit, Et que, par un chagrin que lui-même il avoue, Il ne saurait souffrir qu'on blâme, ni qu'on loue.
AIXESTE.
C'est que jamais, morbleu! les hommes n'ont raison, Que le chagrin contre eux est toujours de saison,
1. y'i'si prix.... 2)our : n'est jamais de nature à lui plaire.
2. C.o qu'il y a de plaisant dans cette réplique de Céliniène, c'est que celle-ci répond aux reproches d'Alccste en donnant, cotte fois aux dépens du moraliste, une preuve nouvelle de son « esprit médisant ».
3. Se gendarme, se révolte, ou, comme dit <m vieux dictionnaire : • se met en humeur et en nosture d'h mme qui veut combattre ».