‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 363 sur 744 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

ALCESTE

0 juste Ciei ! f;ml-il qu'on joifnie à faut fie grâces Les vices dieux des âmes les plus basses?

ÉLFANTE.

Mais cncor qui vous peut...?

AIXESTE.

Ab ! tout est ruiné; le suis, je suis trahi, je suis assassiné : C(''liniène.... Eùl-ou ])U croire cette nouvelle? Célimène nie trompe et n'est qu'iuie inlidélo.

ÉI.IANTE.

Avez-vous, pour le croire, un juste fomienient?

rUlI.INTE.

Peut-être est-ce un soupçon conçu légèrement.

Et- votre esprit jaloux prend parfois des chimères....

Ah, morbleu! mêlez-vous, Monsieur, de a'os affaires.

C'est de sa trahison n'être cpie trop certain.

Que l'avoir, dans ma poche, écrite de sa main.

Oui, Madame, une lettre écrite pour Oronte

A produit' à mes yeux ma disgrâce et sa honte :

Oronte, dont j'ai cru qu'elle fuyait les soiits-,

Et que de mes rivaux je redoutais le moins.

Une letti'e peut bien tromper par l'apparence, Et n'est pas ({uelquefois si coupable cpi'on pense.

1. A pro/lin'/. comme on l^iin, prodiireiv : amis en pleine lumière.

Page 1