SCÈNE IV
f.Ér.0NTE. — Enfin, Monsieur, nous vous prions d'employer lous vos soins pour la soulager de son mal.
sGANARELLE. — Ah! ne vous mettez pas en peine. Ditesmoi un peu, ce mal l'oppresse-l-il beaucoup?
GÉRONTE. — Oui, Monsieur.
SGANARELLE. — Tant mieux. Sent-elle de grandes dou leurs ?
GÉRONTE. — Fort grandes.
SGANARELLE. — C'cst fort bieu fait'. Va-t-elle où vous savez ?
GERONTE. Oui.
SGANARELLE. — Copieuscmeut ?
GÉRONTE. — Je n'enteiuls rien à cela.
ï«GANARELLE. — La matière est-elle louable ? GKRONTE. — Je ne me connais pas à ces choses.
SGANARELLE, so tournant vers la.malade. — DonnCZ-moi Vôtre
bras. A'oilà un pouls qui marque que votre tille est nuiette. GÉRONTE. — Eh oui. Monsieur, c'est là son mal; vous l'avez trouvé tout du premier coup.
SGANARELLE. Ah, ah'
jACQiELLNE. — Yovez commc il a deviné sa maladie !
SGANARELLE. — Nous autres grands médecins, nous connaissons d'abord les choses. Un ignorant aurait été embarrassé, et vous eût été dire : « C'est ceci, c'est cela; » mais moi, je touche au but du premier coup, et je vous apprends que votre fille est muette.
GÉRONTE. — Oui; mais je voudrais ien que vous me plissiez dire d'où cela vient.
SGANARELLE. — Il n'est Heu plus aisé ; cela vient de ce qu'elle a perdu la parole.
GÉRONTE. — Fort bien: mais la cause, s'il vous plail, qui fait qu'elle a perdu la parole ?
1. Dans la farce du Médecin volant Sganarelle montre aussi cet optimisme plaisant de médecin lant-mieux : « Scasa^elle ; Sr atez-vous des