‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 401 sur 744 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

f.Ér.0NTE. — Enfin, Monsieur, nous vous prions d'employer lous vos soins pour la soulager de son mal.

sGANARELLE. — Ah! ne vous mettez pas en peine. Ditesmoi un peu, ce mal l'oppresse-l-il beaucoup?

GÉRONTE. — Oui, Monsieur.

SGANARELLE. — Tant mieux. Sent-elle de grandes dou leurs ?

GÉRONTE. — Fort grandes.

SGANARELLE. — C'cst fort bieu fait'. Va-t-elle où vous savez ?

GERONTE. Oui.

SGANARELLE. — Copieuscmeut ?

GÉRONTE. — Je n'enteiuls rien à cela.

ï«GANARELLE. — La matière est-elle louable ? GKRONTE. — Je ne me connais pas à ces choses.

SGANARELLE, so tournant vers la.malade. — DonnCZ-moi Vôtre

bras. A'oilà un pouls qui marque que votre tille est nuiette. GÉRONTE. — Eh oui. Monsieur, c'est là son mal; vous l'avez trouvé tout du premier coup.

SGANARELLE. Ah, ah'

jACQiELLNE. — Yovez commc il a deviné sa maladie !

SGANARELLE. — Nous autres grands médecins, nous connaissons d'abord les choses. Un ignorant aurait été embarrassé, et vous eût été dire : « C'est ceci, c'est cela; » mais moi, je touche au but du premier coup, et je vous apprends que votre fille est muette.

GÉRONTE. — Oui; mais je voudrais ien que vous me plissiez dire d'où cela vient.

SGANARELLE. — Il n'est Heu plus aisé ; cela vient de ce qu'elle a perdu la parole.

GÉRONTE. — Fort bien: mais la cause, s'il vous plail, qui fait qu'elle a perdu la parole ?

1. Dans la farce du Médecin volant Sganarelle montre aussi cet optimisme plaisant de médecin lant-mieux : « Scasa^elle ; Sr atez-vous des

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