SIE
De grâce, fais trêve à les coups.
MERCIUE.
Fais donc trêve à ton insolence.
SOSIE
'r(»ut ce (pi'il te plaira; je garde le silence : La dispute est par trop inégale entre nous.
MF.lîClHE.
Es-tu Sosie encor? dis, traître!
SOSIE
Hélas! je suis ce que tu veux; Dispose de mon sort tout au gré de les vœux : Ton bras l'en a fait le inaitiv^.
MBRCLRE,
Ton nom était Sosie, à ce que tu disais?
1. Sosie compte ici pour trois syllabes : cette licence poétique avait •té proscrite par Malherbe, que Régnier, à ce propos, a raillé de son cxirême sévérité; il le montre éiiiiint
.... Si la voyelle, à l'autre s'unissant,
Ne rend point à l'oreille un vers trop languissant.
(Satires, IX.j
502 AMI'IIITHYON
SOSIE
II esl vrai, jusqu'ici j'ai cru la chose claire; Mais ton bâton, sur cette affaire, M'a fait voir que je m'abusais.
MERCURE
C'est moi qui suis Sosie, et tout Thèbes l'avoue : Amphitryon jamais n'en eut d'autre que moi.
SOSIE
Toi, Sosie?
MERCURE
Oui, Sosie; ef si quelqu'un s'y joue, Il peut bien preiîdre garde à soi.
SOSIE
Ciell me faut-il ainsi renoncer à moi-même, Et par un imposteur me voir voler mon nom?
Que son bonheur est extrême
De ce que je suis poltron !
Sans cela, par la mort...!
MERgURE.
Entre tes dents, je pense., Tu murmures je ne sais quoi?
SOSIE
>'on. Mais, au nom des Dieux, donne-moi la licence De parler un moment à toi.
MERCURE
Parle.
SOSIE
Mais promets-moi, de grâce, Oue les coups n'en seront pointe Signons une trêve.