‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 417 sur 744 · SIE · texte numérisé non relu

SIE

De grâce, fais trêve à les coups.

MERCIUE.

Fais donc trêve à ton insolence.

SOSIE

'r(»ut ce (pi'il te plaira; je garde le silence : La dispute est par trop inégale entre nous.

MF.lîClHE.

Es-tu Sosie encor? dis, traître!

SOSIE

Hélas! je suis ce que tu veux; Dispose de mon sort tout au gré de les vœux : Ton bras l'en a fait le inaitiv^.

MBRCLRE,

Ton nom était Sosie, à ce que tu disais?

1. Sosie compte ici pour trois syllabes : cette licence poétique avait •té proscrite par Malherbe, que Régnier, à ce propos, a raillé de son cxirême sévérité; il le montre éiiiiint

.... Si la voyelle, à l'autre s'unissant,

Ne rend point à l'oreille un vers trop languissant.

(Satires, IX.j

502 AMI'IIITHYON

SOSIE

II esl vrai, jusqu'ici j'ai cru la chose claire; Mais ton bâton, sur cette affaire, M'a fait voir que je m'abusais.

MERCURE

C'est moi qui suis Sosie, et tout Thèbes l'avoue : Amphitryon jamais n'en eut d'autre que moi.

SOSIE

Toi, Sosie?

MERCURE

Oui, Sosie; ef si quelqu'un s'y joue, Il peut bien preiîdre garde à soi.

SOSIE

Ciell me faut-il ainsi renoncer à moi-même, Et par un imposteur me voir voler mon nom?

Que son bonheur est extrême

De ce que je suis poltron !

Sans cela, par la mort...!

MERgURE.

Entre tes dents, je pense., Tu murmures je ne sais quoi?

SOSIE

>'on. Mais, au nom des Dieux, donne-moi la licence De parler un moment à toi.

MERCURE

Parle.

SOSIE

Mais promets-moi, de grâce, Oue les coups n'en seront pointe Signons une trêve.

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