‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 433 sur 744 · ACTE I. SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I. SCÈNE II

Me, les plus fins toujours sont de grandes dupes du côté de la llaltcrie; et il n'y a rien de si iuipertinenl et de si ridicule qu'on ne fasse avaler lorsqu'on l'assaisonne en louange. La sincérité soulî're un peu au métier que je fais; mais quand on a besoin des hommes, il faut bien s'ajuster h eux ; et puisqu'on ne saïuait les gagner que par là, ce n'est pas la faute de ceux qui Hall eut, mais de ceux qui veulent être flattés *.

ÉLISE. — Mais que ne tâchez-vous aussi à gagner l'appui de mon frère, en cas que la servante s'avisât de révéler noire secret ?

vAi.ÈKE. — On ne peut pas ménager l'un et l'autre ; et l'esprit du père et celui du fils sont des choses si opposées, qu'il est diflicile d'accommoder ces deux confidences * ensemble. Mais vous, de votre part, agissez auprès de votre frère, et servez-vous de l'amitié qui est entre vous deux pour le jeter dans nos intérêts. H vient, je me relire. Prenez ce temps pour lui parler; et ne lui découvrez de notre affaire que ce que vous jugerez à propos.

lii-isK. — Je ne sais si j'aurai la force de lui faire celle confidence.

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