ACTE I. SCÈNE IV. 5 il
HARPAGON. — Et qu'un mari aurait satisfaction avec elle'?
CLÉANTE. — Assurément.
HARPAGON. — Il y a une petite difficulté : c'est que j'ai peur qu'il n'y ait pas avec elle tout le bien qu'on pourrait prétendre.
CLÉANTE. — Ah ! mon père, le bien n'est |)as considérable-, lorsqu'il est question d'épouser une bonnèle personne.
HARPAGON. — Pardonnez-moi, pardoiuiez-moi. Mais ce (pi'il y a à dire, c'est (|ue si l'on n'y trouve pas tout le bien qu'on souhaite, on peut tâcher de regagner cela sur autre chose.
CLÉANTE. — Cela s'entend.
HARPAGON. — Enlin je suis bien aise de vous voir dans mes sentiments; car son maintien honnête et sa douceur m'ont gagné l'âme, et je suis résolu de l'épouser, pourMi que j'y trouve quelque bien.
CLÉANTE. — Euh ?
uAP.PAcoN. — Comment ?
CLÉANTE. — Vous êtes résolu, dites-vous... ?
HARPAGON. — D'épouser Mariane.
CLÉANTE. — Qui, vous? VOUS?
HARPAGON. — Oui. uioi, uioi, moi. Que veut dire cela?
CLÉANTE. — Il m'a pris tout à coup un éblouisscment, et je me relire d'ici.
HARPAGON. — Cela ne sera rien. Allez vile boire dans la cuisine un grand verre d'eau claire. Voilà de mes damoiseaux llouets*, qui n'ont non plus de vigueui- que des