‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 451 sur 744 · SCÈNE l>REMlÈflE CLÉANTE, LA FLÈCHE · texte numérisé non relu

SCÈNE l>REMlÈflE CLÉANTE, LA FLÈCHE

CLÉANTE. — Ah ! traître que tu es, où t'es-tu donc allé fourrer? ÎSe t'avais-je pas donné ordre....

LA FLÈCHE. — Oul, Mousieur, et je m'étais rendu ici pour vous attendre de pied ferme; mais Monsieur votre père, le plus malgracieux des hommes, m'a chassé dehors malgré moi' et j'ai couru risque d'être battu.

CLÉANTE. — Gomment va notre affaire? Les choses pressent plus que jamais; et depuis que je ne t'ai vu, j'ai découvert que mon père est mon rival.

LA FLÈCHE. — Votrc pèro amoureux?

CLÉANTE — Oui; et j'ai eu toutes les peines du monde à lui cacher le (rouble où cette nouvelle m'a mis.

LA FLÈCHE. — Liù se mèlcr d'aimer ! De quoi diable s'aviset-il? Se moque-t-il du monde? Et l'amour a-t-il été fait pour des gd^s bâtis connue lui ?

CLÉASTE. — Il a fallu, poiu' mes péchés, que cette passion lui soit venu en tète.

LA FLÈCHE. — Mais par quelle raison lui faire un mystère de votre amour ?

CLÉANTE. — Pour lui douncr moins de soupçon, et me conserver au besoin des ouvertures- plus aisées pour détourner ce mariage. Quelle réponse t'a-t-on faite?

LA FLÈCHE. — Ma foi ! Monsieur, ceux qui empruntent

1. Dehors et mnUjré moi joints au mot c/i'/.s.sx' sont évidemment reiondants et conviennent à la naïveté du peisonnage.

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