ACTE II, SCE>'E II
f.i.KANTE. — Coinineut, mon père, c'est vous qui vous portez à ces honteuses actions?
UAKPAGON. — C'est toi qui te veux ruiner par des einjirunts si condamnables?
cLiÎANTE. — C'est vous ([ui iliorcliez vj vous enrichir par des usures si criniiiiollcs?
uAïu'AGox. — Oses-tu Ijien, après cela, paraître devant moi ?
(:i,i:ante. — Osez-vous bien, a^)rès cela, vous présenter aux yeux du monde?
uAKi'AGO.N. — ^i'as-tu poiut dc honte, dis-moi, d'en venir à ces débauches-là? de te précipiter dans des dépenses effroyables? et de l'aire une honteuse dissipation du bien que (es parents t'ont amassé avec tant de sueurs?
«i.iIaxte. — Ne rougissez-vous point de déshonorer votre condition par les connnercos (pie vous faites? de sacrifier t;loire et réputation au désir insatiable d'entasser écu sur écu, et de riMichérir, en l'ail d'intérêts, sur les plus infâmes subtilités qu'aient jamais inventées les plus célèbres usuriers ?
uAispAGo.N. — Ole-toi de mes yeux, coquin! ôte-loi de mes yeux.
CI.KANTE. — Oui est plus criminel, à votre avis, ou celui qui achète un arcjent dont il a besoin, ou bien celui qui vole un arg(>nt dont il n'a que faire?
nAUPAGox. — Helire-loi, te dis-je, et ne m'échauffe pas les oreilles. Je ne suis pas fâché de cette aventure; et ce m'est un avis de tenir l'œil, plus que jamais, sur toutes les actions'.
1. D'api-L'ï 7;)llemanl Jes Rt'aiix, celte rencontre du père usurier et du fils eni!.. (inteur se serait produite, dans les mêmes circonstances, entre le président de Bersy et son lils. Boisroberl a mis à la scène cette anecdote dans sa Belle Plnidcuse (acte I, se. vici). Mais il a alTaibli ceUc situation dramatique en lui donnant trop de développements ; le père et le fils s'accablent d'interminables reproches, qui dégénèrent en lieu.\ communs sur l'avarice et la jirodigalité.
bbd L'AVAI'.E.