‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 462 sur 744 · ACTE II. SCÈ>"E V · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈ>"E V

IH'tueb, ni les autres délicatesses qu'il faudrait fon une autre leiunio; et cela ne va pas à si peu de chose, qn il ne iiKinle bien, tous \e> ans, à trois mille francs pour le MÈoins. Outr ecela, elle n'est curieuse' (jue d'une pi'opreté* loit -simple, et n'aime point les supeibes habits, ni les riches bijoux, ni les meubles somptueux, on donnent^ ses pareilles avec tant de chaleur; et cet article-là vaut plus de quatre mille livres par an. De plus, elle a une aversion horrible pour le jeu, ce qui n'est pas commun aux femmes d'aujourd'hui; et j'en. sais une de nos quartiers qui a perdu, à Irenle-et-quarante*, vingt mille francs cette année. Mais n'en prenons rien que le quart. Cinq mille francs au jeu par an, et quatre mille francs en hal)its et bijoux, cela fait neuf mille livres; et mille écns que nous mettons poui' la nourriture, ne voilà-t-il pas par aimée vos douze mille francs bien comptés?

HARi'AGo.N. — Oui, ccUi u'est jias mal; mais ce compte-là n'est rien de réel.

FRosiNE. — Pardonnez-moi. ^'est-ce pas quel(jue chose de

réel, que de vous apporter en mariage une grande sobriété,

l'héritage d'un grand amour de simplicité de parure, et

l'acquisition d'un grand fonds de haine pour le jeu?

uAUPA(.o.N. — C'est une raillerie, que de vouloir me con-

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