‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 464 sur 744 · ACTE II, SCÊiNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÊiNE V

te que son amant * fit voir qu'il n'avait que cinquante-six ans, et qu'il ne prit point de lunettes pour signer le contrat.

uAiii'AGON. — Sur cela seulement?

iRosi.NE. — Oui. Elle dit que ce n'est pas contentement pour elle que cinquante-six ans; et surtout, elle est pour les nez qui portent des lunettes.

UAUPAGON. — Certes, tu me dis là une chose toute nouvelle.

Fiiosi.NE. — Cela va plus loin qu'on ne vous peut dire. On lui voit dans sa chambre quelques tableaux et quelques estampes; mais que pensez-vous que ce soif? Des Adonis-? des Cophales? des Paris? et des Apollons? Non : de beaux portraits de Saturne, du ix)i Priam, du vieux Nestor, et du bon père Anchise sur les épaules de son lils.

HAUPAGGx. — Cela est admirable! Voilà ce que je n'aurais jamais pensé; et je suis bien aise d'apprendre (|u'olle est de cette humeur. En effet, si j'avais été fenniic, je n'aurais point aimé les jeunes hommes.

rRosi.NE. — Je le crois bien. Voilà de belles drogues que des jeunes gens, pour les aimer! Ce sont de beaux morveux, de beaux godelureaux, pour donner envie de leur peau'; et je voudrais bien savoir quel ragoût* il y a à eux.

posé à ou sur le point de, on employait également ]))'êl de. Cf. Boulioitrs : « Lorsque prêt signifie sur le point de,prél de est beaucoup meilleur (\\xq pr<'s de ». (Rem. notiv.) ■*

1. Amant, prétendu; ce mot, comme maîtresse, n'enlraine aucun sens défavoralile dans la langue du xvn' siècle.

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