‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 471 sur 744 · ACTE m, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE I

nachs particuliers, où vous faites doubler les quatrc-temps et les vigiles, afin de profiter des jeûnes où vous obligez votre monde. L'autre, que vous avez toujours une querelle toute prête à faire à vos valets dans le temps des étrennes, ou de leur sortie d'avec vous, pour vous trouver une raison de ne leur donner rien, (x'iui-là conte qu'une fois vous files assigner le chat d'un de vos voisins, pour vous avoir mangé un reste d'un gigot de mouton'. Celui-ci, que l'on vous surjirit, une nuit, en venant déroI)er vous-même l'avoine de vos chevaux ; et que votre cocher, qui était celui d'avant moi, vous donna dans l'obscurité je ne sais combien de coups de bâton, dont vous ne voulûtes rien (lire-. Enliu voulez-vous que je vous dise? On ne saurait aller nulle part où l'on ne vous entende accommoder ite toutes pièces^; vous êtes la fable et la risée de tout le monde; et jamais on ne parle de vous, que sous les noms li avare, de ladre, de vilain et de fesse-mathieu*.

UARPAGON, en le bnttani. — Yous êtes un sot, un maraud, un coquin, et un impudent.

iMAÎTKE jACQiEs. — Héliicn! ne l'avais-je pas deviné? Vous ne m'avez pas voulu croire : je vous l'avais bien dit que je vous fâcherais de vous din; la vérité.

HARPAGON. — Apprenez à parler.

1. Ce trait a été emprunté par Mulière à Plante irAululairr. II. iv. } : " In jour, dit l'esclave Stroliile pailanl d'Euclion, un milan lui enleva -.)M potage. iXotre homme accourt tout en larmes chez le préteur: là pleurant, gémissant, il se met à demander qu'on lui permette d'assi- Lîiier en justice le milan ». Deux mois plus tard, Racine, dans ses Plu i- (Icitrs, allait mettre en scène un procès intenté à un chien coupable d'avoirdérobé un chapon. (.Nov. 16G8.)

1. Dans sa x\m' Sfrée, le conteur Bouchet rapporte une aventure ^iiublable, dont le héros est un cardinal, surpris et lossé, comme Ilar- ,i.iL;on, au moment où il dérobe l'avoine de ses chevaux pour la rapjiorter au grenier.

;S. Accommoder : où l'on n'entende la malignité publique vous ha- 'iiiler en ridicule de la tète aux pieds.

Page 1