ACTE V, SCÈ>E V
roux restes d'une succession quoii avait déchirée ' ; et de là, fuyant la barbare injustice de ses parents, elle vint en ces lieux, où elle n'a presque vécu que d'une vie languissante.
AssEuiE. — 0 (liel ! quels sont les traits de ta puissance! et que tu lais bien voir qu'il n'appartient qu'à toi de fair(; des miracles ! Enibrassez-nioi, mes enfants, et mêlez tous lieux vos transports à ceux de votre père.
vAi.iiRE. — Vous êtes notre père "?
MARivNE. — C'est vous que ma mère a lant ]ileuré?
ANSELME. — Oui, ma fille, oui, mon lils ; je suis Dom Thomas d'AIhurcy que le Ciel garantit des ondes avec tout l'aigent qu'il portait, el qui vous ayant tous crus morts durant plus de seize ans se préparait, après de longs voyages, à chercher dans l'hymen d'une douce et sage personne la consolation d'une nouvelle famille. Le peu de sûreté que j'ai vu pour ma vie à retourner à Naples m'a fait y renoncer pour toujours; et ayant su trouver moyen d'y faire vendre ce que j'avais, je me suis habitué ici -, où sous le nom d'Anselme, j'ai voulu m'éloigner les chagrins' de cet autre nom qui m'a causé tant de traverses.
HARPAGON. — C/est là volro lils?
ANSELME. Oui.
HARPAGON. — Je vous prends à parlic', pour me payer dix mille écus qu'il m'a volés.