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Tirons-nous, retirons-nous

ACTK III, SCI'.NE YI. Ç"^

monde à vaincre son scrupule, et ce nesl que daujnurd'hui qu'elle s'est résolue à racce|)ler.

MONSIEUR JOURDAIN". — (lomniciit l'a-t-elle trouvé?

DORANTE. — Merveilleux; et je nie trompe fort, i»u la beauté de ce diamant fera l'oin- vous sur son esprit un effet adiniralile.

MONSIEUR JOURDAIN. l'IÙt ail CicI!

MADAME JOURDAIN. — (jiiaud il esl uiio fois avec lui, il ne jteut le quitter.

DORANTE. — Je lui ai lait valoir comme il faut la richesse de ce présent et la grandeur de votre amour.

MONSIEUR JOURDAIN. — Ce sout, Mousicur, des bontés (|ui m'accablent; et je suis dans une confusion la plus gramle (In monde, de voir une personne de votre (pialilé s'abaisser' pour moi à ce que vous faites.

DORANTE. — Vous uioquez-vous? est-ce (pi'entre amis on s'arrête à ces sortes de scrupules? et ne feriez-vous pas pour moi la même chose, si l'occasion s'en otfrait?

MONSIEUR JOURDAIN. — Ho ! assurémeiit, et de très grand cœur.

MADAME JOURDAIN. — Omc sa |trésence me pèse sur les é|)aules !

DORANTE. — l'our uioi, jc 110 regarde rien 2, ipiand il faut servir un ami; et lorsque vous me fîtes coiilidence de l'ardeur que vous aviez prise pour cette marquise agif'able chez qui j'avais commerce s, vous vîtes que d'abord je m'offris de moi-même à servir votre amour.

MONSIEUR JOURDAIN. — 11 est Vrai, ce sont des bontés ipii me confondent.

MADAME JOURDAIN. — Est-cc qu'il lie s'cii îi'a point?

i. S'fihaltixer : le mot est. juste et caracti'rise lioureusc-menl l'étrange complaisance de Dorante; nrais M. Jourdain remploie naïvement, sans avoir l'intention de blesser l'aimable gentilliomme.

■2. Je ne regarde rien, je ne considère rien et ne m'arrête à aucim scrupule.

3. Chez ijiii j'iirnis commence, inie je tVi'ijuonlais. Cf. p. 559, noie i.

MDLIÈIŒ. 2'i

674 IK IfOLRGEOIS GENTILHOMME

.Mf.oi.E. — Ils SI' trouvciil bien ensemb'e.

uoKANTK. -V Vous avoz pi'is le bon biais pour loucbcr son cœur : les lennnes aiment surtout les dépenses qu'on lait |)our elles; et vos IVéquontes sérénades, et vos bouquols continuels, ce superbe feu d'artifice qu'elle trouva sur l'eau, le diamant qu'elle a reçu de votre pari, et le cadeau que vous lui préparez, tout cela lui parle bien mieux en laveur de votre amour (jue toutes les paroles (pie vous auriez pu lui dire vous-même.

MONsiKiiR JouHDATN. — Il u'y 3 |)oint de dépenses que je ne lisse, si par là je pouvais trouver le cbemin de son cœur. Une l'emme de (pialilé a pour moi des charmes ravissants, et c'est nu honneur que j'achèterais au piix de toute chose.

MADAME jouuDAiN. — Quc i)euvent-ils tant dire ensemble'.' Va-t'en un peu tout doucement prêter l'oreille.

DoiiANïK. — Ce sera tantôt que vous jouirez à voire aise du plaisir de sa vue, et vos yeux auront tout le temps de se satisfaire.

MONSIEUR joui'.daIn. — Pour être en pleine liberté, j'ai fait en sorte que ma femme ira diner chez ma sa?ur, où elle passera toute l'après-dinée.

DOUANTE. — Vous avoz fait prudemment, et votre femme aurait pu nous eudjarrasser. J'ai donné pour vous l'ordre qu'il faut au cuisinier, et à toutes les choses qui sont nécessaires pour le ballet*. Il est de mon invention; et pourvu que l'exécution puisse répondre à l'idée, je suis sur qu'il sera trouvé....

MONSIEUR JOi'iîDA'.N s'aporçoit que Nicole écoute, et lui donne un

soutMet. — Ouais, VOUS êtes bien impertinente. Sortons, s'il vous plait.

1. l,'o\)>iPssion parait ici assez embarrassée, elle est du moins fort clliptiiiiu>; Doianlc veut dire qu'après avoir donné l'ordre qu'il faut au cuisinier à la place de M. Jourdain, il a aussi donné ordre aux préiiaratil'à du ballot, qui est de son invention : il l'a ordonné.

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