‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 60 sur 744 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

MAGDELO». — Furieusement bien. C'est Perdrigeon' tout pur.

.MAscARiLLE, — Que dites-vous de mes canons*?

MAGDELON. — Ils out tout à fait bou air.

MASCARILLE. — Je puis me vanttr au moins qu'ils ont un grand quartier^ plus que tous ceux qu'on lait.

MAGDELON. — 11 faut avoucr que je n'ai jamais \u porter si haut l'élégance de l'ajustement.

MAscAuiLLE. — Attachez un peu sur ces gants la réflexion (le votre odorat.

MAGDELON. — Ils senteiit terriblement bon.

cATHos. — Je n'ai jamais respire une odeur mieux conditionnée.

MASCARILLE. — Et cslle-là*?

MAGDELON. — Elle cst tout à fait de qualité; le sublime!^ en est touché délicieusement.

MASCARILLE. — Vous ne me dites rien de mes plumes : comment les trouvez-vous?

CATHOS. — Effroyablement belles.

MASCARILLE. — Savcz-vous que le brin me coûte un louis d'or? Pour moi, j'ai cette manie de vouloir donner généralement sur tout ce qu'il y a de plus beau.

de galons (rubans), dit 5111e Desjardins, décrivant le costume de Mascarille, lui sortait de sa poche comme d'une corne d'abondance, et ses souliers étaient si couverts de rubans, qu'il ne m'est pas possible de vous dire s'ils étaient de Roussy (cuir de Russie), de vache d'Angleterre ou do maroquin. {Récit de la farce des Précieuses.)

1. Le mercier Perdrigeon était alors trfes en vogue : on retrouve son nom dans nombre de pièces galantes du xvn" siècle.

2. « Les canons (de Mascarille) semblaient n'être faits que pour servir de caches aux enfants qui jouent à cligne-musette; et en vérité je ne crois pas que les lentes des Massagètes (allusion au Grand Cyriis) soient plus spacieuses que ses honorables canons. » (Mlle Desjardins, Récit de la force des Précieuses.)

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