SCKNE MI GÉRONTE, SCAPIN
SCAPIN, faisant semblant do ne j)as voir Géronte. — 0 Ciel ! Ô disgrâce nuprévue ! ô misérable père ! Pauvre Géronte, que feras-tu ?
GKijoME, ù part. — Que dil-il là de moi, avec ce visage allligé?
1. Et un : on dirail plutôt aujourd'hui : el iriin: mais on peut compléter ainsi celte locution elliptique ; en voilà un de pris.
sc.vpiN. — x\'y a-l-il personne qui puisse me dire où est le seigneur Géronle ?
ciiiiONTE. — Qu'y a-t-il. Scapin?
SCAl'lN, courant sur le théâtre sans vouloir entendre ni voir Gcronte.
— Où pouri\ii-je le rcnconirer, pour lui dire cette infortune ?
GiÎRo.NTE, courant après Scapin. — Qu'est-ce que c'est donc?
SCAPIN. — En vain je cours de tous côtés pour le pouvoir trouver.
GÉuoNTE. — Me voici.
SCAPIN. — 11 faut qu'il soit caché en quelque endroit qu'on ne puisse point deviner.
GÉUONTE, arrêtant Scapin. — Ilolà ! Es-tu aveugle, que (u ne me vois pas ?
SCAPIN. — Ah ! .Monsieur, il n'y a pas moyen de vous rencontrer.
GÉP.o.NTE. — 11 y a une heure que je suis devant toi. Qu'est-ce que c'est donc qu'il y a ?
SCAPIN. — Monsieur....
GÉRONTE. Quoi ?
SCAPIN. — Monsieur votre fils....
GÉKONTE. — Hé bien ! mon fds....
SCAPIN. — Est tombé dans une disgt\îce* la plus éti^ange 'lu monde.
uiip.oNTc. — Et quelle ?
.SCAPIN. — Je l'ai trouvé tantôt fout triste, de je ne sais , [(u que vous lui avez dit, où vous m'avez mêlé assez mal liopos; et, cherchant à divertir- cette tristesse, non I is sommes allés promener sur le port. Là, entre autrr isieurs choses, nous avons arrêté nos yeux sur ir ■re turque assez bien équipée. Un jeune Turc de bon
i. ()ix(]rdce, malheur causé par la malveillance Je la fortune, aup; ■ U: laquelle nous perdons notre faveur, comme il arrive aux courlisuns d'un roi.