‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 626 sur 744 · Sont à mes yeux · texte numérisé non relu

Sont à mes yeux

2. yoiis fabrique, nous forme : c'est ainsi que La Fontaine (La Bemcc, I, vil) appelle le Créateur

Le fabricaleur souverain.

3. Boileau exprime une idée analogue au premier chant de l'Arl puéiiqtie :

La nature, fertile en esprits excellents, Sait entre les auteurs partager les talents.

4. Élévations : si votre esprit est propre aux hautes conceptions.

5. Les spéculations, les considérations auxquelles s'élève l'esprit des savants. La Fontaine appelle l'astrologue (|ui se laisse tomher dans un puits, uH'spéctdatei/r. (Liv. 11, fab. xiii.)

6. Son faible, sa faiblesse. Mous avons déjà vu dans le Misanthrope (acte 1, se. II.) :

Il ne faut que ce faible à décrier un homme.

7. Les hautes régions de la philosophie, souvenir évident de l'expression célèbre de Lucrèce, sapieiiium templa serena, les temples sereins de la sagesse. {De la Nature des choses, II, vers 8.)

Vous, du côté de l'àme et des nobles désirs, Moi, du côté des sens et des grossiers plaisirs; Vous, aux* productions d'esprit et de lumière. Moi, dans celles, ma sœur, qui sont de la matière.

ARMANDE

Quand sur une personne on prétend se régler. C'est par les beaux côtés qu'il lui faut ressembler-; Et ce n'est point du tout la prendre pour modèle, Ma sœur, que de tousser et de cracher comme elle^.

HENRIETTE

Mais vous ne seriez pas ce dont vous vous vantez, Si ma mère n'eût eu que de ces beaux côtés*; Et bien vous prend, ma sœur, que sou noble génie N'ait pas vaqué toujours à la philosophie s. De grâce, soulfrez-moi*^ par un peu de bonté, Des bassesses à qui vous devez la clarté'';

i. Aux, dans. Siii- cette snbstiliition de à kdnns, \o\ei p. G3'2, noie 2".

2. D'après Brossctte, ces deux vers seraient de Boileau. Molière avait écrit :

« Quand sur une personne on prétend s'ajuster, C'est pai' ses beaux côtés qu'il la faut imiter. »

Doileau fit remarquer à son ami la faiblesse de ces vers, les corrigea et les relit tels que nous les avon^. On peut accepter cette tradition, sans cependant être frappé par la supériorité de la rédaction attribuée à Boileau.

3. L'idée exprimée dans ces doux vers a été empruntée à un passage de la Vraie histoire comique de Francion, donl Molière a d'ailleurs heureusement atténué la verve cyniq\ic.

i. De ces beaux côtés : l'expression est un peu pénible, mais Henriette éprouve naturellement à dii'e ces choses un pudique embarras.

o. Aiiger rapprociie de ce passage ces vers de Phidre (acte 1, se. i); c'est Théramène qui dit à Hippolyte :

Vous-même où seriez-vous....

Si toujours .\iitiope à ses lois opposée,

D'une pudique ardeur n'eût brûlé pour Thésée?

fi. Souffrez-moi, permettez-moi.

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