‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 628 sur 744 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

11 nous est bien aisé de nous en éclaircir : Je l'aperçois qui vient, cl sur cède malièie Il pourra nous donner une pleine lumière.

SCKNE 11 CLITANDRE, ARMAM)E, HENRIETTE.

HENRIETTE

Pour me tirer d'un doute où me jette ma sœur, Entre elle et moi, Clitandre, explicpiez votre cœur, Découvrez-en le fond, et nous daignez apprendre Qui de nous à vos vœux est en droit de prétendre.

Ar.MANDE.

Non, non : je ne veux point à votre passion Imposer la rigueur d'une explication; Je ménage les gens, et sais comme embarrasse Le contraignant' effort de ces aveux en l'ace.

Ct.lTAMDr.E.

Non, Madame, mon cœur, qui dissimule peu.

Ne sent nulle contrainte à l'aire un libre aveu;

Dans aucun embarras un tel pas- ne me jette.

Et j'avouerai tout haut, d'une âme franche et nette,

Que les tendres liens où je suis arrêté.

Mon amour et mes vœux sont lout^ de ce côté.

Qu'à nulle émotion* cet aveu ne vous porte :

Vous avez bien voulu les choses de la sorte.

Vos attraits m'avaient pris, et mes tendres soupirs

Vous ont assez prouvé l'ardeur de mes désirs;

1. Contraig liant. Molière fnit ici un adjecLif du participo pressent ro7i- Iraiqnani : l'ctTort des aveux que l'on fait en lace des gens impose une pénible contrainte.

'i. Un tel pas, une semblable démarclie.

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