Tout, entièrement
•4. Émotion, colère, ressentiment.
'754 l'RS FEMMKS SAVANTES.
Mon rœur vous consacrait une flamme immorlelle;
Mais vos yeux n'ont pas cru leur conqutMe assez l)clle.
Tai souirerl sous leur joug cent mépris différents,
Ils régnaient sur mon àme en superltes tyrans,
VA je me suis cherché, lassé de tant de peines,
Des vainqueurs plus humains et de moins l'udes chaînes':
Je les ai rencontrés. Madame, dans ces yeux.
Et leurs traits à jamais me seront précieux;
D'un regard pitoyable- ils ont séché mes larmes.
Et n'ont pas dédaigné le rebut ^ de vos charmes;
De si rares bontés m'ont si bien su toucher,
Qu'il n'est rien qui me puisse à mes fers* arracher;
Et j'ose maintenant vous conjurer, Madame,
De ne vouloir tenter nul effort sur ma flamme,
De ne point essayer à rappeler un cœur
Résolu de mourir dans celte douce ardeur.
AIV.MANDE.
Ehl qui vous dit, Monsieur, que l'on ait cette envie. Et que de vous enfin si fort on se soucie? Je vous trouve plaisant de vous le figurer, Et bien impertinent de me le déclarer î*.
1. Bien ([uc Clitandre soit appelé à faire plus tard (voyez acte IV, se. m) la censure de la préciosité et du pédantisme, on peut trouver qu'il manie avec luie rare dextérité le vocabulaire des précieuses : attraits, tendres soupirs, ardeur, flamme immortelle, conquête, joug, superbes tyrans, chaînes, etc. Molière sans doute ne s'est fait aucune illusion sur ce jargon de la galanterie, dont il s'est raillé tout le premier; mais on voit, i)ar cet exemple, qu'il était plus aisé de se moquer de la mode que de s'en affranchir.
2. l'iloi/able a ici, contrairement à l'usage moderne, le sens actif, et signilic : qui a eu pitié.
5. Le rebut de votre charmante personne, i. Mes fers, voyez plus haut, note 1.
a. Arsinoé, dans le Misanthrope (acte V, scène dernière), dit de même à Alecste qui la refuse :
lié! ci'oyez-vous, Monsieur, qu'on ait cette pensée,
El (pie de vous avoir on soit tant empressée?
Je vous trouve un esprit tout plein de vanité,
Si de cette créance il peut s'être flatté.