SCÈNE III aiT.\iNUKE, HE.MUETTE
IIEM'.IKTTE.
\ulre sincère aveu ne l'a pas pou surjuise.
CLITANDRE
Klle niéiile assez une telle franciiisc, Kl loules les hauteurs de sa folle fierté S(int (lignes tout au moins de ma sinct'rité. Mais puisqu'il m'est permis, je vais à votre père, Madame....
HENRIETTE
Le idus sur est de gagner nut mère l ^i^M père est d'une humeui- à consentir à tout, \I;iis il met jjou de poids* aux choses qu'il icsout: Il a leçu du Ciel certaine bonté d'âme, ijiii le soumet d'abord à ce que veut sa fennne; C'est elle qui gouverne, et d'un ton^ absolu Klle dicte pour loi ce qu'elle a résolu. Je voudrais bien vous voir pour elle, cl pour ma taule, lue âme, je l'avoue, un peu plus complaisante, lu esprit qui, llattant les visions' du leur, Vous pût de leur estime attirer la chaleur.
menl le pluriel des termes abstraits. C'est ainsi que lienserade écrit dans le fameux sonnet de Job, en parlant d'un amant obligé de taire sa passion :
On voit aller des /uilinicrs IMns loin que la sienne n'alla.
I. l'itiris : SCS résolutions n'ont pas assez du poids pour être stables un souille les renverse.
i. Clirysale parlei'a lui-même avec un effroi respectueux de ce ton, que sait prendre i'hilamiutc pour se l'aire obéir :
Elle me l'ait trembler quand elle prend son Ion.
(.\clc II, se. IX.)
ô. Lcx vùionn : le mot est juslCj car les « Fenimes savantes », sur-
CLITANDRE
Mon cœur n'a jamais pu, (ant il est né sincère,
Même clans voire sœur llaltcr leur caractère,
Et les femmes docteurs ne sont point de mon goût.
Je consens (pi'une femme ait des clartés' de tout;
Mais je no lui veux point la passion choquante
De se rendre savante a(în d'être savante-;
Et j'aime que souvent, aux questions qu'on fait,
Elle sache ignorer les choses qu'elle sait ;
De son étude enfin je veux qu'elle se cache,
Et qu'elle ait du savoir sans vouloir qu'on le sache',
Sans citer les auteurs, sans dire de grands mots.
Et clouer de l'esprit à ses moindres propos.
Je respecte beaucoup Madame votre mère ;
Mais je ne puis du tout approuver sa chimère.
Et me rendre l'écho de^ choses qu'elle dit '♦,
Aux encens** qu'elle donne à son héros d'esprit.
Son Monsieur Trissotin me chagrine, m'assomme.
Et j'enrage de voir qu'elle estime un tel homme,
tout l'élise, peuvent justement passer pour des i<isionr)aires. On sait d'iiilleurs que pour la conception de ce personnage Molière s'est souvenu dos Visionnaires de Desmarets de Saint-Sorlin.