CI.IIA.NDKE
Non : je dis la chose connne elle est. Mais je vois voire lanle. Agréez, s'il vous plaît, Que mon cci'ur lui déclare ici notre mystère, El gagne sa laveur auprès de votre mère.
SCKNE IV
CLITAMmC, BKLlSt:.
SoulFrez, pour vous parlei-, Mafiauie, qu'iui amant l'renne l'occasion de cet heureux momeul, Kt se découvre à vous de la sincère flamme....
KÉLISE.
Ahl tout beau', gardez-vous de m'ouvrir ti'op votre âme: Si je vous ai su mettre au rang de mes amanls. Contentez-vous des yeux pour vos seuls truchcmonls*, Et ne m'expliquez |)oint par un aulre langage Des désirs qui chez moi passent pour un outrage; Aimez-moi, soujiirez, brûlez pour mes appas, Mais qu'il me soit permis de ne le savoir pas : Je i>uis fermer les yeux sur vos llammes secrètes, Tant que vous vous tiendrez aux muets interprètes 3;
1. Tout beau : doucoment, niodérez-votis. Celte locution, qui n'ap- |i;irlionl plus qu'au siyle i'amilier, a été maintes l'ois employée par Corneille dans ses tragédies :
Tout l/raii. no les pleurez pas tous.
{Horace, acte 111, se. vi.) ±. Triichemenls, inlcri)rèles.
3. Ces muets intcrpriites sont les yeux : Bélise, grande liseuse de romans, jiarle ici le langage de la galanterie et de la préciosité qui lui est familier.
Mais si la bouche vient à s'en vouloir mèler^ Pour jamais de ma vue il vous faut exiler*.
CLITANDRE
Des projets de mon cœur ne prenez point d'alarme : Henriette, Madame, est l'objet* qui me charme, Et je viens ardemment conjurer vos bontés De seconder l'amour que j'ai pour ses beautés.
BÉLISE
Ah! celles le détour est d'esprit', je l'avoue : Ce subtil faux-fuyant mérite qu'on le loue. Et, dans tous les romans* où j'ai jeté les yeux, Je n'ai rien rencontré de plus ingénieux.