‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 675 sur 744 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

PHILAMINTE

Monsieur, avec du grec on ne peut gâter rien.

TUISSOTIN.

Au reste, il fait merveille en vers ainsi qu'en prose, Et pourrait, s'il voulait, vous montrer quelque chose.

VADILS.

Le défaut des auteurs, dans leurs productions', C'est d'en tyranniser les conversations, D'être au Palais 2, au Cours, aux ruelles, aux tables. De leurs vers fatigants lecteurs infatigables. Pour moi, je ne vois rien de plus sot à mon sens Qu'un auteur qui partout va gueiiser^ des encens*, Qui des premiers venus saisissant les oreilles, En fait le plus souvent les martyrs de ses veilles. On ne m'a jamais vu ce fol entêtement; Et d'un Grec^ là-dessus je suis le sentiment. Qui, par un dogme exprès, défend à tous ses sages L'indigne empressement de lire leurs ouvrages. Voici de petits vers pour de jeunes amants*', Sur quoi 'je voudrais bien avoir vos sentiments.

TRISSOTIX.

Vos vers ont des beautés que n'ont point tous les autres.

1. Dans leurs producti/ms, quand ils viennent de produire quelque chose.

2. La galerie du Palais : voyez page 760, note i . Le cours la Reine, la promenade la plus célèbre et la plus fréquentée du temps. Ruelles, sur ce mot, voyez p. 58, note 3.

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